Emile Zola
Point de vue : Zola, une dette inestimable (cliquez)
EMILE ZOLA
Écrivain français (Paris 1840 - id. 1902).

La mère d'Émile Zola, Émilie Aubert, était issue d'une famille d'artisans beaucerons. Son père, François Zola, un ingénieur italien, avait fait une brillante carrière : construction des premiers chemins de fer en Autriche, fortifications parisiennes, canal d'adduction d'eau à Aix-en-Provence. C'est dans cette ville que l'écrivain passe son enfance ; au collège Bourbon, il se lie avec le jeune Cézanne d'une amitié qui durera jusqu'en 1886, date de publication de L'Œuvre, où sera transposée leur longue relation, à la colère du peintre.

La mort du père, en 1847, laisse la famille dans la gêne ; elle s'établit à Paris en 1858. Après son échec au baccalauréat, Zola abandonne ses études et exerce divers métiers : il devient chef de publicité chez Hachette (1862), où il rencontre Taine, Littré, les Goncourt, Sainte-Beuve, et commence dans divers périodiques une carrière de chroniqueur qui ne s'interrompra jamais.

Les débuts
Les Contes à Ninon (1864) témoignent d'un talent de nouvelliste qui ne devait pas se démentir (Nouveaux Contes à Ninon, 1874 ; Le Capitaine Burle, 1882 ; Naïs Micoulin, 1884). Zola est aussi critique littéraire (Mes haines, 1866) et dramaturge : il supervise l'adaptation scénique des Mystères de Marseille (1867), un roman-feuilleton à la manière d'Eugène Sue et d'Alexandre Dumas père. Par la suite, la plupart de ses œuvres seront transposées à la scène et connaîtront parfois un grand succès sous cette forme (par exemple, L'Assommoir). C'est aussi l'époque où l'écrivain noue des amitiés durables avec les peintres impressionnistes (Pissarro, Manet).

Le chef de file du naturalisme
Sous l'influence de Taine et de Claude Bernard, il élabore un projet romanesque ambitieux, où il se propose de montrer la détermination des comportements humains par l'hérédité et le milieu. Thérèse Raquin (1867), qui porte en exergue la fameuse citation de Taine (le vice et la vertu sont " des produits, comme le vitriol et le sucre "), illustre déjà cette esthétique nouvelle, ainsi que Madeleine Férat (1868), tiré d'un drame écrit en 1865. Avec le cycle des Rougon-Macquart, Zola entreprend donc l'Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire. Cette vaste fresque va faire de lui le chef de file incontesté du naturalisme ; il en exposera la théorie dans Le Roman expérimental (1880), Le Naturalisme au théâtre (1881) et Les Romanciers naturalistes (1881). Dans ce qui se présente comme l'étude des tares héréditaires d'une famille suivie sur cinq générations, le souci de vérité amène Zola à s'intéresser à des aspects jusque-là peu décrits dans la littérature : injustice et misère frappant la classe ouvrière, gigantisme et inhumanité de la société industrielle, corruption des classes sociales, qu'elles soient " inférieures " ou dirigeantes. Ainsi se trouve défini un cadre cohérent qui donne leur unité aux romans composant l'ensemble ; presque tous paraissent d'abord en feuilleton puis, immédiatement après, en volume : La Fortune des Rougon (1870), La Curée (1872), Le Ventre de Paris (1873), La Conquête de Plassans (1874), La Faute de l'abbé Mouret (1875), Son Excellence Eugène Rougon (1876), L'Assommoir (1876), Une page d'amour (1877), Nana (1879), Pot-Bouille (1882), Au Bonheur des dames (1882), La Joie de vivre (1884), Germinal (1884), La Terre (1887), Le Rêve (1888), La Bête humaine (1889). Devenu, surtout après L'Assommoir, l'un des écrivains les plus populaires de sa génération, Zola fait de sa maison de Médan un véritable foyer de vie littéraire où se retrouvent ses amis (Flaubert, Huysmans, Tourgueniev, Maupassant, Henry Céard, Léon Hennique, Paul Alexis). Le recueil collectif des Soirées de Médan (1880), auquel Zola participe avec L'Attaque du moulin, illustre l'esthétique naturaliste.

L'écrivain engagé
Le lyrisme puissant de Zola, la grandeur épique et visionnaire de ses descriptions transcendent, en fait, les qualités d'exactitude scientifique mises en avant par l'auteur. Sensibilisé par ses enquêtes (par exemple aux mines d'Anzin pour Germinal) et par ses lectures (Fourier, Proudhon, Marx), il se tourne de plus en plus vers un idéal proche du socialisme utopique. Dans Les Trois Villes (Lourdes, 1894 ; Rome, 1895 ; Paris, 1897) et surtout dans Les Quatre Évangiles (Fécondité, 1899 ; Travail, 1901 ; Vérité, 1902 ; Justice, inachevé), dont les protagonistes respectifs s'appellent Matthieu, Luc, Marc et Jean, la fiction se met au service d'une " Église nouvelle ", d'une " Cité future " dont Zola rêve de jeter les bases.
Cet engagement s'est également manifesté, de façon éclatante, au moment de l'affaire Dreyfus, avec sa fameuse lettre ouverte, " J'accuse ! " (L'Aurore du 13 janvier 1898), où il prenait la défense du capitaine injustement condamné. Cette prise de position valut à son auteur une condamnation à un an de prison et à une amende ; radié de la Légion d'honneur, Zola s'enfuit en Angleterre pendant un an (1898/1899). Dreyfus ne sera réhabilité qu'après sa mort, survenue en 1902 de manière accidentelle (asphyxie), ce qui aujourd'hui encore est mis en doute.
Objet de son vivant même de critiques et de haines aussi extrêmes que l'amitié et l'admiration qu'il suscita par ses positions tant littéraires que politiques, Zola reste l'un des écrivains français les plus importants du XIXe siècle. Il excelle, grâce à son verbe foisonnant, à son imagination vigoureuse, à une technique descriptive qui doit beaucoup à la photographie (qu'il pratiqua avec passion) dans l'évocation des masses humaines, des lieux et des machines de l'ère industrielle, qui prennent sous sa plume la dimension du mythe et de l'épopée.



ZOLA-Une vie
1840. Le 2 avril, naissance à Paris d'Emile Zola, fils d'un ingénieur d'origine vénitienne, François Zola, et d'Emilie Aubert.
1858. Entre au lycée Saint-Louis, après avoir eu, au collège Bourbon, pour très proche camarade Paul Cézanne ; échoue au baccalauréat.
1862. Entre à la Librairie Hachette, où il sera chef de publicité jusqu'en 1866.
1865. Publie son premier roman, la Confession de Claude, inspiré d'une ancienne expérience passionnelle, roman qui lui permet dès lors de vivre de sa plume.
1867. Parution de Thérèse Raquin, coup d'envoi de ce que Zola lui-même nommera l'esthétique " naturaliste ", conçue comme une machine de guerre contre l'académisme du " beau " idéal.
1868. Dans Mes salons, il fait l'éloge de la peinture de Manet, Sisley, Courbet et Monet.
1870. Le 31 mai, épouse Alexandrine Meley ; vit à Marseille, puis à Bordeaux jusqu'en mars 1871.
1871. Entame la composition des Rougon-Macquart (qui l'occupera jusqu'en 1893) ; rédige la chronique parlementaire de la Cloche, ainsi que des articles pour le Sémaphore de Marseille (jusqu'en 1877) ; publie la Curée.
1877. Parution de l'Assommoir, qui lui apporte le succès et le scandale ; donne des chroniques littéraires au Bien public et au Figaro, réunies en recueil en 1881-1882.
1880. Publie Nana, puis Pot-Bouille (1882), Germinal (1885), la Terre (1887).
1888. Parution de l'Ouvre ; épouse en seconde noce une jeune femme, Jeanne Rozerot, qui lui donnera deux enfants.
1890. Fait paraître la Bête humaine, suivi de l'Argent (1891), la Débâcle (1892) et le Docteur Pascal (1893), qui clôt le cycle des Rougon-Macquart.
1894. Entame, avec Lourdes, la publication du cycle des " trois villes ", qui comprend aussi Rome (1896) et Paris (1898).
1897. Publie, dans l'Aurore, Lettre à la France, puis Lettre à la jeunesse.
1898. Le 13 janvier, publication de J'accuse ! Lettre au président de la République, dans l'Aurore, journal dirigé alors par Clemenceau. Zola s'insurge à la fois contre le fait qu'un innocent, le capitaine Dreyfus, ait été condamné à la déportation à vie par un conseil de guerre, et contre le fait que le vrai coupable, Esterhazy, vienne d'être acquitté ; le même jour, la Chambre des députés décide, par 312 voix contre 122, de le poursuivre en justice ; le 7 février, ouverture du procès Zola devant les assises de la Seine ; il est condamné à la peine maximum pour " diffamation " (un an de prison et 3 000 francs d'amende), mais l'arrêt est cassé pour vice de forme ; le 18 juillet, reprise du procès Zola à Versailles : sa condamnation étant confirmée, il part en exil pour Londres.
1899. Le 5 juin, rentre en France ; début de la parution, avec Fécondité, des Quatre Evangiles, suivie de Travail (1901), Vérité (1903), et plus tard des notes, inachevées, de Justice.
1900. Loi d'amnistie pour tous les faits relatifs à l'affaire Dreyfus ; Zola continue son action pour obtenir la réhabilitation de l'officier et publie, en 1901, la Vérité en marche.
1902. Le 29 septembre, Emile Zola meurt asphyxié. L'hypothèse d'un acte criminel ayant pour origine son combat pour le capitaine Dreyfus n'a jamais été écartée...


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