
Le lyrisme puissant de Zola, la grandeur épique et visionnaire de ses descriptions transcendent, en fait, les qualités d'exactitude scientifique mises en avant par l'auteur. Sensibilisé par ses enquêtes (par exemple aux mines d'Anzin pour Germinal) et par ses lectures (Fourier, Proudhon, Marx), il se tourne de plus en plus vers un idéal proche du socialisme utopique. Dans Les Trois Villes (Lourdes, 1894 ; Rome, 1895 ; Paris, 1897) et surtout dans Les Quatre Évangiles (Fécondité, 1899 ; Travail, 1901 ; Vérité, 1902 ; Justice, inachevé), dont les protagonistes respectifs s'appellent Matthieu, Luc, Marc et Jean, la fiction se met au service d'une " Église nouvelle ", d'une " Cité future " dont Zola rêve de jeter les bases.ZOLA-Une vie
1840. Le 2 avril, naissance à Paris d'Emile Zola, fils d'un ingénieur d'origine vénitienne, François Zola, et d'Emilie Aubert.1858. Entre au lycée Saint-Louis, après avoir eu, au collège Bourbon, pour très proche camarade Paul Cézanne ; échoue au baccalauréat. 1862. Entre à la Librairie Hachette, où il sera chef de publicité jusqu'en 1866. 1865. Publie son premier roman, la Confession de Claude, inspiré d'une ancienne expérience passionnelle, roman qui lui permet dès lors de vivre de sa plume. 1867. Parution de Thérèse Raquin, coup d'envoi de ce que Zola lui-même nommera l'esthétique " naturaliste ", conçue comme une machine de guerre contre l'académisme du " beau " idéal. 1868. Dans Mes salons, il fait l'éloge de la peinture de Manet, Sisley, Courbet et Monet. 1870. Le 31 mai, épouse Alexandrine Meley ; vit à Marseille, puis à Bordeaux jusqu'en mars 1871. 1871. Entame la composition des Rougon-Macquart (qui l'occupera jusqu'en 1893) ; rédige la chronique parlementaire de la Cloche, ainsi que des articles pour le Sémaphore de Marseille (jusqu'en 1877) ; publie la Curée. 1877. Parution de l'Assommoir, qui lui apporte le succès et le scandale ; donne des chroniques littéraires au Bien public et au Figaro, réunies en recueil en 1881-1882. 1880. Publie Nana, puis Pot-Bouille (1882), Germinal (1885), la Terre (1887). 1888. Parution de l'Ouvre ; épouse en seconde noce une jeune femme, Jeanne Rozerot, qui lui donnera deux enfants. 1890. Fait paraître la Bête humaine, suivi de l'Argent (1891), la Débâcle (1892) et le Docteur Pascal (1893), qui clôt le cycle des Rougon-Macquart. 1894. Entame, avec Lourdes, la publication du cycle des " trois villes ", qui comprend aussi Rome (1896) et Paris (1898). 1897. Publie, dans l'Aurore, Lettre à la France, puis Lettre à la jeunesse. 1898. Le 13 janvier, publication de J'accuse ! Lettre au président de la République, dans l'Aurore, journal dirigé alors par Clemenceau. Zola s'insurge à la fois contre le fait qu'un innocent, le capitaine Dreyfus, ait été condamné à la déportation à vie par un conseil de guerre, et contre le fait que le vrai coupable, Esterhazy, vienne d'être acquitté ; le même jour, la Chambre des députés décide, par 312 voix contre 122, de le poursuivre en justice ; le 7 février, ouverture du procès Zola devant les assises de la Seine ; il est condamné à la peine maximum pour " diffamation " (un an de prison et 3 000 francs d'amende), mais l'arrêt est cassé pour vice de forme ; le 18 juillet, reprise du procès Zola à Versailles : sa condamnation étant confirmée, il part en exil pour Londres. 1899. Le 5 juin, rentre en France ; début de la parution, avec Fécondité, des Quatre Evangiles, suivie de Travail (1901), Vérité (1903), et plus tard des notes, inachevées, de Justice. 1900. Loi d'amnistie pour tous les faits relatifs à l'affaire Dreyfus ; Zola continue son action pour obtenir la réhabilitation de l'officier et publie, en 1901, la Vérité en marche. 1902. Le 29 septembre, Emile Zola meurt asphyxié. L'hypothèse d'un acte criminel ayant pour origine son combat pour le capitaine Dreyfus n'a jamais été écartée... |
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