Bombes à fragmentation
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BOMBES A FRAGMENTATION

Au Liban, contrairement au droit international, Israël a utilisé massivement cette arme
Le secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des affaires humanitaires, Jan Egeland, a accusé Israël d'avoir fait un usage « complètement immoral » des bombes à fragmentation lors de la guerre au Liban. C'est ce qu'a rapporté la BBC dans son édition en ligne, mercredi.
Selon M. Egeland, le Centre de coordination de l'action contre les mines de l'ONU au Liban a trouvé jusqu'ici près de 100 000 bombes n'ayant pas explosé dans 359 sites différents. De ce nombre, 90 % ont été larguées au cours des 72 dernières heures du conflit, soit à partir du moment où l'adoption d'une résolution à l'ONU sur un cessez-le-feu était imminente.
M. Egeland a qualifié ces nouveaux chiffres d'« information choquante », de précédentes estimations fournies par les experts en déminage de l'ONU ayant fait état de quelque 170 sites bombardés avec ce type de munitions.

Il a en outre indiqué que ces bombes à fragmentation ont affecté d'importants secteurs, dont un bon nombre de maisons et de champs.
« Chaque jour, des gens sont mutilés, blessés et tués par ces armes. Cela n'aurait pas dû arrivé », a-t-il déclaré, ajoutant qu'il faudrait des mois, voire des années, avant de débarrasser le pays de ces engins explosifs.

La semaine dernière, Tekimiti Gilbert, chef des opérations du Centre de coordination de l'action contre les mines de l'ONU au Liban, avait parlé d'une violation du droit international, car de telles armes ne doivent pas être utilisées dans les zones habitées par les civils, mais uniquement sur les champs de bataille et contre des soldats.
Certaines des bombes à fragmentation sont destinées à percer les chars, et d'autres pour blesser ou tuer sur un grand périmètre. Celles qui n'ont pas éclaté au point d'impact constituent une menace mortelle pour les civils.
L'État hébreu dit pour sa part avoir utilisé des armes conformes au droit international.

De retour dans les villages du Sud Liban, la population libanaise est menacée par les bombes à sous-munitions
Beyrouth, le 21 août 2006. Bruno, notre chef de mission au Liban, revient d'une mission d'évaluation de cinq jours dans le sud du pays. Dans cette région dévastée par les combats, un danger pressant guette la population : l'omniprésence des bombes à sous-munitions.
Le principal danger à éviter dans le sud du Liban, était celui des sous-munitions non explosées présentes sur certaines routes, mais pour cette mission d'évaluation des besoins, nous empruntions des routes qui avaient déjà été ouvertes, et qui étaient donc assez sûres. Nous avons pu nous déplacer assez librement, même si nous nous renseignions régulièrement auprès de la population pour nous assurer qu'il n'y avait plus de combattants là où nous nous rendions.

Certaines scènes de destructions que j'ai pu y voir m'ont rappelé des zones du Cachemire pakistanais, où des villes entières ont été littéralement aplaties par le séisme de l'automne dernier. La situation n'est pas la même partout, mais les besoins sont énormes.
On observe un flux continu de personnes qui réinvestissent la zone après l'avoir fuie, de voitures surchargées avec des matelas sur le toit. Chacun trouve refuge là où il le peut : les gens réoccupent des maisons à moitié détruites, certains sont hébergés chez des parents ou des amis. La population est en mouvement, difficile à localiser, et donc à aider.
Mais la solidarité communautaire est très forte ; il n'est pas rare de voir deux trois familles cohabiter dans la même maison. En tout cas, les Libanais du Sud paraissent pressés de rentrer chez eux, de retrouver leurs maisons, même détruites, de réoccuper leur terre. Il s'agit d'une région pauvre, où sévissait avant le conflit un chômage important, les gens sont assez démunis. Les récoltes de tabac n'ont pas été faites à temps et sont donc perdues. Ce retour en masse marque aussi l'heure des funérailles.
Nous avons pu voir dans plusieurs villages des enterrements collectifs ou des cérémonies à la mémoire des " martyrs ". Le sentiment parmi la population est un mélange de tristesse, de colère, mais aussi d'esprit de revanche : s'ils n'ont pas gagné cette guerre, en tout cas ils ne pensent l'avoir perdu, au point que les " V " de victoire faits des deux doigts sont omniprésents. Les gens paraissent aussi avoir conscience que les hostilités peuvent reprendre à tout moment, la situation est précaire. Le problème numéro un, c'est l'eau, car en l'absence d'électricité et avec le manque d'essence, les pompes ne marchent pas.

Le Sud Liban noyé sous les sous-munitions
Notre stratégie repose sur un soutien aux acteurs libanais. Nous avons la chance de travailler avec des associations partenaires libanaises efficaces et très motivées, dans différents domaines.
Nous allons ainsi procéder à l'acheminement de stocks de nourritures du Programme alimentaire mondial sur trois sites (Tibinin, Aït ech Chaab et Srifa), avec les associations Alpha et Samidoun, à partir de l'évaluation des besoins de cette dernière, qui sera également chargée de la distribution finale et du suivi de la situation.

De la même manière, nous avons identifié une plate-forme de 17 ONG libanaises expérimentées dans le domaine de la prévention des accidents par mines et engins non explosés, que nous allons soutenir.
Le danger que représentent les résidus explosifs des bombardements est très réel, le Sud Liban a été littéralement noyé sous les sous-munitions. Nous avons vu des maisons dont les jardins étaient infestés de sous-munitions.
L'urgence aujourd'hui consiste à dépolluer les maisons et les véhicules, avant d'aller plus loin. On nous a même rapporté des cas de personnes qui avaient commencé à déminer elles-mêmes, parfois au prix de leur vie, ou encore des histoires de mères passant leurs journées à monter la garde à côté d'engins qu'elles pensaient explosifs, à tort ou à raison, pour protéger leurs enfants.
Mais le Liban est malheureusement un pays habitué à la guerre, et la conscience du danger que représentent ces armes est assez répandue.

La bataille de l'image
Nous sommes souvent frustrés que les choses n'aillent pas plus vite, par exemple quand il s'agit de protéger la population du danger des sous-munitions, mais les choses vont dans le bon sens, et il est très réconfortant de voir la motivation et la qualité de la société civile libanaise, qui fait preuve d'une belle unité, de solidarité et de beaucoup d'initiative.
Notre mission doit vraiment être d'appuyer les réelles compétences présentes dans le pays. La plus grande difficulté à laquelle sont confrontés les acteurs internationaux, en revanche, est d'éviter de rentrer dans des enjeux politiques et religieux locaux très complexes.
En effet, au-delà du conflit militaire, on ne peut pas ignorer que se livre aussi une bataille de l'image, et déjà, une bataille de la reconstruction.
Certains groupes politiques ou religieux ont sur le terrain des structures d'aide sociale ou des représentants locaux qui sont incontournables et qui font un travail très important en faveur de la population. De ce point de vue-là, la marge de manœuvre est étroite et il faut rester vigilant pour éviter toute instrumentalisation.
© Handicap International


Bombe à fragmentation
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Obus d'artillerie à fragmentation

Une bombe à fragmentation est une bombe qui explose avant d'atteindre sa cible ou à l'impact en libérant des milliers d'éclats qui se propagent à haute vitesse dans des directions aléatoires ou précises en fonction des effets désirés.
La charge explosive est limitée et ne constitue en général qu'un quart voire moins de la masse totale de la bombe. Le reste de l'engin, en particulier l'enveloppe, se divise en une multitude de projectiles meutriers et incandescents. De construction simple et peu coûteuse, les bombes à fragmentation sont couramment employées depuis le début de l'aviation de bombardement.

Ses origines remontent à 1803, année durant laquelle Henry Shrapnel conçoit un nouveau type de projectile pour l'artillerie. Les armées utilisaient jusqu'à ce moment-là des canons qui projetaient une grande quantité de billes. L'idée de Shrapnel consista à remplir une sphère de plusieurs billes et de faire exploser le tout au dessus de l'ennemi, à la manière d'une grenade.
Destinées à attaquer les troupes au sol, les bâtiments conventionnels et les véhicules peu ou pas blindés sur une large surface, les éclats issus de la fragmentation provoquent des dégâts en déchiquetant les objets et les personnes à une portée excédant largement le souffle de l'explosion. Même à plusieurs centaines de mètres, les projectiles peuvent être meurtriers.

Les bombes à fragmentation sont souvent confondues avec les bombes à sous-munitions qui répandent des bombes de plus petites tailles de types divers (incendiaires, freinées par des parachutes, etc.) qui sont critiquées pour les mêmes raison que les mines antipersonnel, interdites par le traité d'Ottawa.


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