sondage sur l'info
Intérêt : oui. Crédibilité : hum !...

Et soudain, Sarkozy
Interrogez les « professionnels de la profession ». Pour eux, 2007 fut, d’un point de vue médiatique, une véritable « annus horribilis » : crise à Libération, au Monde, panique à France Télévisions, jeu de bonneteau du côté de la presse économique… Sans parler de la mainmise sarkozyenne sur les médias et leur agenda. Pourtant, réalisé par la SOFRES pour la Croix, le baromètre sur la confiance des Français dans les médias, 21e du nom, ne diffère guère des précédents.

Certes, même si elle est en léger recul, est confirmée la traditionnelle défiance qu’il y a à l’égard des journalistes, qui ne seraient pas indépendants, pour 57 % des personnes interrogées, des pressions politiques et, pour 54 % des sondés, des pressions de l’argent. De quoi conforter les syndicats de journalistes dans leur demande de voir la loi consacrer l’indépendance des rédactions et les chartes déontologiques intégrées dans les conventions collectives.

Mais, pour ce qui est du contenu, l’appréciation est somme toute assez constante.
À 72 %, les nouvelles délivrées par les médias ont été jugées plutôt intéressantes et, en matière de crédibilité, c’est toujours la radio qui tient le haut du pavé (57 % des personnes interrogées pensent que le compte rendu des événements est conforme à ce qui s’est déroulé), devant la presse écrite (49 %, moins deux points), la télé (46 %, moins deux points) et Internet, qui, avec une cote de confiance de 31 %, a encore du chemin à faire. Autant dire que l’alliance entre Karl Zéro, Stéphane Courbit, Bernard Arnault et Jean-Marie Messier pour lancer sur le web « la télé de demain » (Rentabiliweb…) soulèvera quelques interrogations.

Cette année, il n’y a pas eu, comme l’an dernier avec le fameux coup de boule de Zizou, d’overdose médiatique. Reste que ce traditionnel baromètre ne pouvait faire l’impasse sur « l’hyperprésident ». Et, là encore, règne une certaine ambivalence.
Certes, comme en témoignent les 11 000 signatures recueillies en une semaine par la pétition « Pour l’égalité audiovisuelle » lancée par Laurent Fabius, pour comptabiliser le temps de parole du président de la République, pour 93 % des sondés les médias - accordent trop de place à la vie privée de Sarkozy et, pour 52 %, à son action politique. Mais, du point de vue de l’objectivité des médias à son égard, les personnes interrogées sont partagées puisque 41 % estiment le traitement de Sarkozy équilibré et 37 % le considère comme favorable au locataire de l’Élysée. Et, ultime paradoxe, d’un point de vue médiatique (comprendre « commercial »), Sarkozy reste une « valeur sûre ».

Paradoxe encore : si 50 % des sondés estiment qu’on a trop parlé de la présidentielle, celle-ci a permis aux médias de compenser quelque peu le recul du marché publicitaire. Néanmoins demeure une certaine logique : les personnes interrogées estiment qu’il y a eu surmédiatisation de l’affaire de l’Arche de Zoé, de l’interdiction de fumer dans les lieux publics (le sondage a été réalisé à la mi-janvier…), du dopage sur le Tour de France, alors que les médias n’auraient pas assez évoqué des thèmes comme les sans-abri et le pouvoir d’achat.
On pourrait donc résumer les doléances ainsi : « Parlez-nous moins de la vie de Sarkozy, aidez-nous à mieux comprendre la nôtre et, s’il vous plaît, faites votre boulot. » Sinon, vous ferez le nôtre ?
Sébastien Homer, L'Humanité du 24/01/2007



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