L'HUMA EN ANGLAIS
Depuis janvier 2004, des interprètes bénévoles traduisent l’Humanité en anglais.

" Nous ne fêtons pas nos cent ans mais presque nos sept mois ", lance Hervé Fuyet initiateur du site de l’Humanité en anglais, professeur de philosophie au Québec et militant communiste. Créé en janvier 2004, le site Internet opère une sélection variée d’articles publiés dans le journal pour ensuite les traduire en anglais. " Je me suis demandé pourquoi l’Humanité en anglais n’existait pas. Beaucoup de publications web ont des traductions dans cette langue, pourquoi pas l’Huma ? " raconte-t-il.

Une idée qui n’a pas tardé à se mettre en place. Il soumet le projet à la direction du journal, qui accepte. Au bout de quelques semaines, Hervé Fuyet part à la recherche d’interprètes professionnels susceptibles de faire des traductions bénévoles et militantes pour le journal.
" Il fallait trouver des traducteurs qui puissent donner quelques heures de traduction régulières par mois. " Une trentaine de traducteurs et de traductrices, répartis dans le globe, répondent à l’appel. " Nous avons une traductrice à Tokyo, une autre à Melbourne, d’autres à Londres, au Québec et aux États-Unis ", explique-t-il. Et d’ajouter fièrement " notre webmaster est un bénévole aussi, il est haïtien ".

Pour Hervé Fuyet, également traducteur, " l’anglais est la langue de communication internationale ". Cela justifie son intérêt pour la traduction : " une façon d’élargir la zone d’influence de l’Humanité ". Le site de l’Huma en anglais est calqué sur le site en français. " Une petite séur en quelque sorte ".

Bien sûr, dans l’idéal, les collaborateurs du site en anglais aimeraient pouvoir traduire l’intégralité des articles. Mais le nombre de traducteurs et le type d’organisation avec des interprètes issus du monde entier limitent les possibilités. Les critères de sélection sont relativement souples : " Par exemple, il y a la question centrale de l’Europe.
Compte tenu de la construction européenne actuelle, celle du grand capital, il était essentiel que les autres pays non francophones puissent avoir accès à ce débat avec un point de vue différent de celui des médias dominants. " En particulier, en ce qui concerne " les Américains et leur impérialisme. Nous avons jugé nécessaire qu’une voix démocratique supplémentaire vienne s’ajouter par le biais de notre site ".

Les articles plus analytiques et moins liés à l’actualité sont également privilégiés : les critiques de livres, de films et les réflexions philosophiques. Mais lorsqu’il s’agit d’une actualité brûlante, " nous essayons de les traduire dans les heures qui suivent ".
La méthode ? " J’examine l’Humanité du jour, je fais un choix dans les articles et j’envoie une liste de propositions à l’ensemble des traducteurs. En fonction de leur disponibilité et des leurs affinités avec les sujets, ils proposent une traduction et peuvent aussi en soumettre d’autres.
" À l’ère d’Internet et à l’ère de la domination de l’anglais comme langue universelle, le site de l’Humanité en anglais tombe à pic. D’autant plus que " le journal l’Humanité est unique au monde ", assure Hervé Fuyet. Avant d’ajouter : " D’ailleurs nous sommes toujours à la recherche de nouveaux traducteurs ! " Une démarche utile et solidaire pour donner à un maximum de personnes la possibilité de lire le journal.

Ixchel Delaporte





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