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Par Gilles Morel.


L’avenir de la presse gratuite n’est plus si radieux (s’il ne l’a jamais été). Les lecteurs sont pourtant là (1,2 millions de lecteurs pour 20 Minutes, 1 million pour Métro selon l’Ipsos) mais comme les recettes viennent exclusivement des annonceurs, elles ne sont pas toujours au rendez vous. Bien que le prix des encarts publicitaires ait fortement diminué depuis leur arrivée sur le sol français, les annonceurs ne se sont pas pour autant bousculés et les pertes des gratuits tournent autour de 15 millions d’euros pour un chiffre d’affaire n’excédant pas 5 millions d’euros.
A ce propos, le silence des libéraux pourtant prompts à dénoncer les gabegies et les entraves à la concurrence est pour le moins surprenant.
Il est vrai qu’un déficit leur est intolérable lorsqu’il relève d’un service public ou d’une entreprise d’état. S’agissant de groupes privés, une entité peut perdre trois fois plus que ses recettes si c’est pour la bonne cause (en l’occurrence éliminer des concurrents). Décidément et malgré mes efforts, je suis vraiment hermétique à la logique libérale !

L’objet même de ces entreprises n’est pas de faire de l’argent, même à moyen terme. Leurs généreux actionnaires se servent surtout de ces trublions pour diminuer le côut des encarts publicitaires. De là à penser qu’il y aurait collusion d’intérêt entre les publicitaires et la presse gratuite ce serait vraiment faire preuve de mauvais esprit. Les communicants des deux journaux l’affirment la main sur le cœur, ils n’ont pas d’autre objectif que de démocratiser l’information. Le capitalisme était généreux et je ne le savais pas !

La presse quotidienne payante quant à elle ne s’en sort pas indemne. La concurrence agressive entre les titres pour trouver des annonceurs a eu des effets sur les recettes proportionnelle à la part de la pub dans ces dernières. Les ventes aussi s’en sont ressenties. Même si les gratuits ont majoritairement séduit les non lecteurs de presse quotidienne, certains titres ont réduit leur ventes jusqu’à -10% en 2002 notamment ceux qui, comme France-Soir ou Libé, ont une fâcheuse tendance à mélanger pub et info.


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