éditorial politique pcf:evry
LE BUDGET RECHERCHE 2004 - - - - - - -
DISSIMULATION, ÉTATISATION -

la représentation nationale dépossédée
Le gouvernement annonce à grand fracas une augmentation des moyens de la recherche de 3,9 %, dont 2,2% au titre du BCRD (Budget Civil de Recherche Développement), il se targue de se préoccuper de la recherche industrielle en créant au budget 300 bourses de recherche de type CIFRE.

Il ose écrire : « Renforcer la recherche, c’est mobiliser les énergies vers la recherche et donc inverser la tendance à la désaffection pour les carrières et les études scientifiques car c’est avec les jeunes d’aujourd’hui que se feront les sciences de demain »

La lecture des documents gouvernementaux (Conférence de presse du 25-09-2003) donne un éclairage singulier à l’engagement du sommet de Barcelone de porter l’effort de recherche à 3% du PIB européen à l’horizon 2010 ; il s’agirait d’obtenir à cette échéance que les 2/3 de cet effort soit porté par les entreprises ; moyennant quoi, le gouvernement décline à sa manière cette orientation en notant qu’à l’heure actuelle notre pays consacre 0,95% pour sa recherche publique mais seulement 1,25% pour les entreprises ; en 2004 l’orientation gouvernementale consiste donc à « faire un effort particulier pour promouvoir la recherche par les entreprises et le financement privé de la recherche. »

La preuve par les chiffres
Pour les Etablissements publics de Recherche (CNRS, INRA, INSERM, IRD, INRIA, CEMAGREF, INED, INRETS, LCPC), les Autorisations de Programme et les Crédits de Paiement connaîtront une hausse de… 0%. Les Etablissements Publics à caractère Industriel et Commercial (IFREMER, BRGM, ADEME, IPEV, CIRAD) connaissent une situation plus grave encore puisque le total des Autorisations de programme et des Crédits de paiement chute de 9,5 %.
Le CEA civil voit ses Autorisations de Programme recherche chuter de… 61,22 %.
La Recherche universitaire connaît une « hausse » de 1,38 % en Autorisations et de …0,75 % en Crédits de Paiement.
Pour ce qui concerne l’emploi scientifique, les choses sont simples : utilisant les premières vagues de départ en retraite, le gouvernement ne procède à aucune création d’emploi statutaire de chercheur, ni dans les Organismes de Recherche publique, ni dans l’Enseignement Supérieur.
Au-delà de ces chiffres, les communistes français souhaitent faire part de quelques éléments d’analyse complémentaires :
· En prétendant faire face aux défis de l’avenir et en poussant à l’extrême la pénurie budgétaire des laboratoires publics de recherche, le gouvernement trompe l’opinion publique ;
les communistes français sont partisans sans réserve du développement de la recherche industrielle mais le cas d’Aventis suffit à montrer que c’est en s’appuyant sur le développement de la Recherche publique et en changeant radicalement d’orientation en matière de politique industrielle que l’on pourra dynamiser l’activité de recherche dans les entreprises ;
le gouvernement, pour sa part, ne connaît qu’une méthode : les aides fiscales (Augmentation massive du Crédit d’Impôt Recherche) et les allègements de charges sociales : ce sont de nouveaux gouffres financiers et de nouveaux désastres sur le plan de l’emploi scientifique et industriel qui sont ainsi programmés.

· Le gouvernement accroît encore la contrainte étatique en créant un troisième « Fonds » - nommé Fonds des priorités de recherche - entièrement piloté par le Ministère et dessaisissant encore davantage par là-même le rôle d’orientation et de prospective scientifique des instances démocratiques existant dans les Grands Organismes Publics ;
pour l’année en cours, le financement de ce « FONDS » se fait au travers des recettes des privatisations ! On ne dit pas comment ce « Fonds » sera alimenté ensuite ! Singulier financement et singulière façon d’assurer l’avenir « des priorités de recherche » !
La création des deux premiers (FNS et FNRT) avait déjà fait l’objet de fort sérieuses interrogations de la part de la Communauté scientifique : n’allait-on pas progressivement soustraire aux instances démocratiques leur rôle d’orientation scientifique ? Ces trois « Fonds » voient pour leur part leurs moyens augmenter de 83% !

· L’accroissement claironné des contrats CIFRE ne saurait dissimuler que cet accroissement compense une baisse corrélative des ALLOCATIONS de recherche ; ainsi, alors même que les dispositifs CIFRE - dont le principe n’est pas en cause - sont très loin de faire l’objet d’une utilisation maximale par les entreprises, on renforce la pression sur les Ecoles doctorales et les jeunes qui souhaitent s’investir dans une thèse universitaire en limitant de manière draconienne leur accès à des financements nécessaires.
En même temps, l’augmentation du nombre de « Post-Docs », s’il correspond à un besoin, ne doit pas cacher qu’en l’absence de créations statutaires nouvelles, on concourt à l’accroissement de la précarité de l’emploi scientifique.

·Enfin, la nouvelle LOI D’ORIENTATION de la Loi de Finances en préparation, prépare un dessaisissement sans précédent du contrôle et du pouvoir d’initiative de la représentation nationale (Assemblée nationale et Sénat).

On le voit, l’heure est à la mobilisation.
Les communistes français vont y prendre toute leur part.

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