RECHAUFFEMENT DE LA PLANETE
Réchauffement de la planète un rapport alarmant, des responsabilités identifiées, les gouvernements interpellés.
Un groupe de travail mis en place par l’ONU vient de présenter un texte consacré aux conséquences des changements climatiques.
Jusqu’ici prudente et mesurée, la communauté scientifique a lancé un véritable cri d’alarme à l’attention des décideurs de la planète.

Désormais, le doute n’est plus de mise : les activités humaines sont bien à l’origine du réchauffement observé depuis cinquante ans. L’accusé : un système marchand tout entier organisé autour du profit immédiat, au détriment des équilibres humains et naturels.

Inondations plus fréquentes pour les uns, aggravation des phénomènes de sécheresse pour les autres, hausse du niveau des eaux, baisse des rendements agricoles, personne ne sera épargné par les conséquences des changements climatiques liés aux émissions de gaz à effet de serre.

Si toutes les régions du globe sont susceptibles d’être touchées, les pays les moins développés seront, selon ce rapport, “d’autant plus concernés que leurs économies dépendent encore largement de données climatiques et que leurs ressources humaines, financières et naturelles ne leur permettent pas de s’adapter à ces évolutions.” Ainsi, les plus pauvres risquent, une fois encore, de trinquer les premiers du fait des choix opérés par les gouvernements des nations les plus riches. Il est grand temps que ceux-ci sortent de leur inaction.
Ce nouveau rapport montre combien il est urgent de s’entendre au niveau international pour, enfin, fixer les règles d’application du protocole de Kyoto. Celui-ci prévoit en effet une réduction, d’ici 2010, de 5,2% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à leur niveau de 1990.

Or, pour l’instant, on ne peut pas dire que les pays riches aient montré l’exemple. Le protocole de Kyoto n’a toujours pas été ratifié et ne correspond donc qu’à une pétition de principe. Les Etats-Unis, premiers pollueurs de la planète (23% des émissions carboniques pour seulement 4% de la popula­tion mondiale) n’ont eu de cesse de freiner les négociations. Georges W. Bush ne veut pas porter atteinte aux privilèges des compagnies pétrolières, qui sont parmi les plus polluantes.
Les principales causes de l’effet de serre sont nettement identifiées: le transport routier et la production d’électricité due à la combustion de carburants fossiles.

Urgence, il y a urgence à adopter en France des mesures permettant de développer les transports collectifs pro­pres et adaptés aux trajets domicile-travail, de favoriser le ferroutage, comme s’y engage enfin la France. De la même façon, il est grand temps d’ouvrir un véritable débat, sans tabou, sans cliché, sans dogme, sur la filière énergétique nucléaire, la seule qui n’émette pas de gaz polluant. Et pourquoi la France ne jouerait-elle pas un rôle de premier plan en Europe et dans les institutions internationales en faveur de la ratification et du respect des accords de Kyoto?

En tout état de cause, le monde ne peut plus se payer de mots face au véritable signal d’alarme lancé par la communauté scientifique internationale. Dépasser les déclarations d’intention appelle aussi de s’en prendre à la gestion capitaliste, à courte vue, au service unique de la rentabilité qui domine aujour­d’hui notre pays et notre monde.


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