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Irlande : le "non" l'emporte largement avec 53,4% des voix

ACTUALITES

Les Irlandais ont nettement rejeté le traité européen de Lisbonne, avec 53,4% de non contre 46,6% de oui, plongeant l’Europe dans une nouvelle crise institutionnelle. Le taux de participation s’établit à 53,13%, selon les chiffres officiels annoncés vendredi soir par le gouvernement.
Les résultats définitifs sont tombés. L’Irlande a majoritairement rejeté le traité de Lisbonne. Trente-trois circonscriptions sur un total de 43 se sont prononcées pour le non.
Dans plusieurs circonscriptions de Dublin, le "non" atteint 60% des voix. La dégradation de la situation économique et le rejet d’une Europe libérale ont marqué la campagne référendaire.
Un peu plus de trois millions d’électeurs ont voté pour cet unique référendum tenu sur le traité de Lisbonne dans un pays européen. Les 26 autres Etats-membres de l’Union européenne (UE) ont opté pour une ratification parlementaire, ce que 18 capitales ont déjà fait.

L’Irlande est le seul pays de l’UE à avoir soumis au vote populaire. Selon le dernier rapport de la Banque d’Irlande, en 2008, la croissance devrait tomber à 1,9 % contre environ 5% en 2007 et 6,5 % en moyenne depuis 1994. La crise de l’immobilier, le moteur du miracle irlandais avec les industries de pointe et les finances, et le resserrement des conditions de crédit frappent de plein fouet la classe moyenne.

Face à ces mauvais indicateurs, l’avenir du « modèle irlandais », cet exemple de réussite économique et sociale cité en Europe, « se dessine en pointillés », souligne Clare Batt, une enseignante dublinoise. « La morosité est perceptible chez les citoyens, tentés par un vote négatif lors du référendum à cause des prix du gaz et de l’électricité qui ne cessent d’augmenter ou de la maison qu’ils ne peuvent pas ou plus se payer. » Le marché de l’emploi largement soutenu par le recours à une forte population immigrée (Européens de l’Est, Africains, Chinois) est comprimé, le taux de chômage atteint les 5,5 %, du jamais-vu depuis 1999.
Le Tigre celtique a généré des inégalités sociales et une forte dépendance du pays aux investissements étrangers, américains (Intel, Google, Pfizer), qui peu à peu délocalisent leurs unités de production dans les pays de l’Est européen, malgré les conditions avantageuses offertes dans ce quasi-paradis fiscal comme le faible taux d’imposition des sociétés (12,5 %).

20 % D’IRLANDAIS MENACÉS PAR LA PAUVRETÉ
Mais toute tentative d’harmonisation fiscale européenne est âprement combattue par des tenants du « non », comme le milliardaire Declan J. Ganley, trente-neuf ans. Son entreprise, Rivada, construit des réseaux de télécommunication pour des entreprises et gouvernements à travers le monde, dont l’armée américaine. Cet entrepreneur est également le fondateur de Libertas, un petit groupe menant une efficace et riche campagne contre le traité de Lisbonne. « Impôts.
Ne laissez pas Bruxelles rentrer par la petite porte », proclame un slogan. Libertas se fait ainsi l’écho de la crainte majeure de nombre de chefs d’entreprise irlandais : perdre ce qui a fait leur fortune.

Là n’est pas la question, affirme pour sa part Sinn Féin, comme pour s’éloigner de cet encombrant voisinage.
Sinn Féin, principal parti représenté au Parlement opposé au traité, est le véritable pivot d’un vaste comité « No Vote » regroupant 14 organisations de gauche. « Le traité de Lisbonne est une vraie déception en matière de droit du travail, il n’aborde pas la question la plus importante pour les travailleurs européens : la protection de leurs droits », explique Mary-Lou McDonald, en précisant qu’il délite encore un peu plus les services publics. « Il ne s’agit pas de déterminer si nous sommes à l’intérieur ou en dehors de l’Europe, car nous sommes déjà au coeur de l’Europe, nous la voulons meilleure », explique l’eurodéputée du groupe GUE/NGL.

On estime aujourd’hui à 20 % le nombre d’Irlandais menacés par la pauvreté, 10 % sont pauvres, les femmes et les chômeurs étant les plus exposés. « Dans le même temps, le nombre de bénéficiaires des aides sociales n’a cessé de croître alors que les dépenses de protection sociale de l’Irlande sont parmi les plus faibles d’Europe », explique Eugene McCartan, dirigeant du CPI (Parti communiste) et partie prenante du collectif du « non ».

Malgré un rattrapage, le système de santé, que la coalition au pouvoir entend privatiser en fermant certains établissements régionaux et en créant des pôles d’excellence, comme un peu partout en Europe, est en retard. Ce n’est pour les partisans du « non » qu’un prélude à ce qui attend tous les Européens, a fortiori avec le traité de Lisbonne.
Bernard Duraud, envoyé spécial à Dublin (extrait d'un article publié dans l’Humanité du mercredi 11 juin 2008)

IRLANDE : CARTE D'IDENTITE

Superficie 70 273 km2
Densité 55,74 h/km2
PIB par habitant (2000) 28 505 $us
Espérance de vie (2002) 77,17 ans
Taux de natalité (2002) 14,62 pour 1000
Taux de mortalité (2002) 8,01 pour 1000
Taux de mortalité infantile (2002) 5,43 pour 1000
Taux d'alphabétisation (2002) 98 %
Langues officielles Irlandais, anglais
Monnaie Convertisseur Euro
Villes principales Aires Urbaines
Dublin (capitale) 1 122 600
Cork 241 198
Limerick 104 855
Galway 97 605






L'IRLANDE ECONOMIQUE

Forte croissance démographique depuis 6 ans.
Grâce à une très forte croissance économique, de l'ordre de 7 % en moyenne depuis 1994, le pays à réussit à endiguer le chômage, véritable fléau jusqu'à la fin des années 80 avec un taux avoisinant les 17 %. Sa proximité et son intégration dans l'Union Européenne lui ont permis de réaliser cet effort. Son PIB (en PPA : Parité de Pouvoir d'Achat) est ainsi l'un des plus élevés désormais. Cependant, le pays manque encore d'équipements en bon état, notamment en infrastructures de transports, pour rattraper le niveau européen.
La population a pour la première fois depuis plus d'un siècle cessé de s'exiler en masse. Ainsi, le taux de fécondité, le plus élevé en Europe devant la France, a permis au pays de gagner près de 300 000 habitants entre les deux recensements de 1996 et avril 2002. La population à atteint un niveau plus élevé que celui de 1881 seulement !




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