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Les Équatoriens ont approuvé majoritairement, par voie de référendum, le projet de réforme constitutionnelle que proposait le président Rafael Correa.

Le président équatorien Rafael Correa a annoncé la poursuite en douceur des réformes d'inspiration socialiste qu'il défend dans son projet de Constitution, au lendemain de l'adoption "triomphale" du texte par référendum.
Le texte, visant à consolider le "socialisme du XXIe siècle" cher à M. Correa et à ses alliés régionaux Evo Morales et Hugo Chavez, a été adopté avec 64% de votes favorables, selon des résultats partiels prenant en compte 80% des bureaux de vote publiés lundi par le Tribunal suprême électoral.
Le référendum, qualifié de "triomphe total" par le chef de l'Etat, devrait entériner une Constitution particulièrement longue, 444 articles, qui grave dans le marbre l'idéologie socialiste du président, en confiant à l'Etat la planification de l'économie ou en défendant le droit à la santé et à l'éducation gratuites.
Mais Rafael Correa, qui a déjà été félicité par ses homologues vénézuélien, bolivien et chilien pour le résultat du référendum, n'a pas annoncé de changements radicaux dans ce pays de 13,9 millions d'habitants dont 50% vivent sous le seuil de pauvreté.
Au lendemain de son adoption, qui fait craindre à l'opposition conservatrice une "fuite des capitaux", il a notamment dit qu'il ne serait pas "irresponsable" sur le paiement de la dette.
"Il serait insensé de dire +non+ au paiement de la dette", a-t-il déclaré lors d'un point de presse à Quito, tout en précisant que son pays pourrait contester certaines portions "illégitimes" de celle-ci.
"Nous paierons la dette externe tant que l'économie du pays le permettra", a-t-il dit.
Il s'est montré ferme concernant les entreprises pétrolières, dont la française Perenco ou l'hispano-argentine Repsol-YPF, avec lesquelles l'Etat négocie une nouvelle répartition des bénéfices tirés de l'extraction.
"Si elles cessent d'investir, elles devront quitter le pays", a-t-il dit en réponse à une question sur l'éventuel chantage des pétrolières dans le cadre de cette négociation.
Selon le texte soumis aux 13,5 millions d'Équatoriens, l'ingérence et les abus des multinationales dans le pays ne seront plus tolérés et feront place à un système économique plus équitable pour la population.
« Aujourd'hui, l'Équateur a opté pour une nouvelle nation. Les vieilles structures sont battues en brèche. Cela confirme la révolution citoyenne », a déclaré Rafael Correa en saluant cette « victoire historique ».
Dans un discours triomphal devant ses partisans réunis à Guayaquil, le président a invité ses adversaires à se plier à la volonté de changement exprimée par le peuple équatorien.
« Nous leurs tendons la main pour qu'ils admettent leur défaite et que nous avancions ensemble dans une nouvelle direction, que la grande majorité du peuple équatorien et toute l'Amérique latine est en train de montrer [...] vers une société plus juste, plus équitable, sans autant d'inégalités et de misère », a lancé Rafael Correa.

Une concentration de pouvoirs qui inquiète
Les opposants au projet de nouvelle constitution du président Correa craignent que ce dernier n'acquière trop de pouvoir entre ses mains et ne s'installe à demeure dans ses fonctions de président.
La proposition constitutionnelle de 444 pages présentée aux Équatoriens permettra en effet au président Correa de briguer deux mandats de plus à la présidence du pays, ce qui lui permettrait de se maintenir au pouvoir au moins jusqu'en 2017.
Le milieu des affaires équatorien s'inquiète aussi du virage socialiste que veut prendre Rafael Correa, principalement de ses déclarations sur le paiement intégral de la dette extérieure du pays qui s'élève à 10 milliards de dollars ou encore de son projet de surveillance des compagnies pétrolières et minières étrangères établies dans le pays.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Reuters


EQUATEUR : CARTE D'IDENTITE

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L’Équateur en bref
Surface : 283 560 kilomètres carrés.
Population : 13 900 000 habitants (métis, Indiens, Noirs, Blancs) ; moins de 15 ans, 32,1 % ; plus de 64 ans, 5,2 %.
Langues : espagnol, quechua, shuar et 11 autres langues indiennes.
Monnaie : le dollar US depuis septembre 2000 (auparavant le sucre, du nom du héros de l’indépendance, Antonio José de Sucre).
PIB par habitant en dollars US : 7 100 (France, 33 800 dollars).
Dépenses de santé par habitant en dollars : 76 (France, 3 374 dollars).
Chômage : 11 %.
Dette publique totale (fin 2007) : 13,5 milliards de dollars (son remboursement a représenté jusqu’à 40 % du budget de l’État).
Depuis 1997, 9 présidents se sont succédé à la tête du pays. En 2006, 5 anciens présidents et vice-présidents équatoriens étaient en fuite à l’étranger ou emprisonnés.
Rafael Correa : vainqueur de l’élection présidentielle de novembre 2006, investi depuis janvier 2007.





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