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L’est de la RD Congo toujours rongé par la violence

RdC . Alors que les combats ont repris depuis deux mois, des centaines de milliers de déplacés fuient les viols et les exactions commises par l’ensemble des belligérants.
Chaque jour, des milliers de civils fuient les combats dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Depuis deux mois, la reprise des combats entre les Forces armées congolaises (FARDC) et les troupes du général dissident Laurent Nkunda a fait passer le nombre de déplacés de 350 000 à 370 000. Certains ont pu rejoindre des camps, mais une partie importante de ce flux de réfugiés sont hors d’accès de l’aide humanitaire et risquent d’être affectés par la malnutrition et les épidémies. Armée régulière, soldats de Nkunda mais aussi groupes défense Mai Mai et anciens génocidaires rwandais réunis au sein des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) : les civils sont victimes de l’ensemble des nombreux groupes armés qui écument la région.

LA pire région du monde pour les viols
Les femmes sont en première ligne. Selon John Holmes, coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, dans les six premiers mois de l’année « 4 500 cas de violence sexuelle ont été rapportés », mais le « chiffre réel est bien plus important ». Pour 2006, environ 20 000 cas auraient été rapportés, pour les seules régions de l’est de la RDC, faisant du pays la pire région au monde en matière de violences sexuelles. Phénomène inquiétant, ces viols sont de plus en plus fréquemment accompagnés d’actes de torture et de barbarie, comme l’introduction d’objets coupants dans le vagin, entraînant des lésions durables.

La violence dans les provinces de l’est de la RDC ne date pas d’hier et plonge ses racines dans le génocide des Tutsi rwandais en 1994. C’est pour contrer la menace des anciens génocidaires, qui s’étaient réfugiés dans la région, que le Rwanda a lancé en 1996 avec ses alliés congolais une première guerre contre la RDC.
Déçu par l’attitude de Laurent Désiré Kabila, cet allié qu’il avait porté au pouvoir, et intéressé par les richesses minières de la région, le Rwanda a de nouveau attaqué en 1998 son voisin par milices interposées. Après des années de combats et la multiplication des groupes armés, un accord de paix entre Congolais a été signé en 2003, mettant un terme à deux conflits qui ont fait environ 4 millions de morts et 6 millions de déplacés.

Malgré la tenue d’élections générales à l’été 2006, les coupures communautaires, qu’ont accentué ces deux conflits, ont continué d’empoisonner l’atmosphère dans l’est du Congo. La minorité Tutsi a été accusée de collusion avec le Rwanda et sa nationalité congolaise a été discutée. Elle a également été la victime principale des exactions perpétrées par les anciens Hutu rwandais des FDLR, qui malgré les nombreuses promesses du gouvernement congolais n’ont jamais été désarmés.
C’est officiellement pour défendre cette minorité que le général Nkunda a fait dissidence dès 2004, appuyé par le Rwanda. Depuis, il refuse de rendre les armes et sème la terreur dans la région. En janvier 2007 il a accepté que ses troupes, comme celle des autres groupes armés, soient intégrées dans l’armée congolaise. Mais après avoir dénoncé la collusion entre l’armée et les FDLR, il a de nouveau rompu la trêve à l’automne.

L’armée régulière dénoncée aussi
Rien ne permet d’espérer une accalmie. Le président congolais Joseph Kabila a promis le désarmement, « forcé, au besoin », de Nkunda et de ses 5 000 hommes. Les FARDC ont considérablement renforcé leur présence dans la région depuis la fin de septembre, et une offensive massive est probable pour novembre. Mais rien n’indique que l’armée régulière, démotivée et désorganisée, pourra venir à bout du Nkunda, malgré l’aide logistique que lui fournit l’ONU, présente en RDC avec 27 000 hommes.
Même si c’était le cas, il n’est pas certains que cela soulage les civils. L’armée a été maintes fois dénoncée comme une des principales perpétratrice de violation des droits de l’homme. Ses liens, même locaux, avec des groupes connus pour leur violence, comme les FDLR et les groupes d’autodéfense Mai Mai, continuent de constituer un obstacle durable à la paix dans la région.


Camille Bauer - L'Humanité


RD CONGO : CARTE D'IDENTITE

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République Démocratique du Congo (Congo-Kinshasa - ex-Zaïre)
Population (2006) 62 660 551 habitants
Taux de croissance annuel 3.065 %
Superficie 2 344 798 km2
Densité 26.72 h/km2
PNB (2004) 6 020 millions $US
PNB par habitant (2004) 110 $US
Croissance du PIB (2004) 6.00 %
Espérance de vie (2006) 51.46 ans
Taux de natalité (2006) 43.69 ‰
Indice de fécondité (2006) 6.45 enfants/femme
Taux de mortalité (2006) 13.27 ‰
Taux de mortalité infantile (2006) 88.62 ‰
Taux d'alphabétisation (2003) 65.50 %
Langue officielle Français
Monnaie convertisseur Franc congolais
Indice de développement humain (IDH) 0.365/1.0 (rang : 168/177)
Nature de l'état République, pouvoir autoritaire
Chef de l'état Président Joseph Kabila
Fête nationale 30 juin (Indépendance de 1960)
Code internet du pays .cd (ancien : .zr)

Secteurs d'activités
Agriculture 57.90 %
Industries 19.30 %
Services 22.80 %



Graves conséquences de la crise sur les populations.

Entre les pillages par quelques multinationales peu scrupuleuses, les guerres entre ethnies et groupes armés, le Sida, les maladies etc... le pays est en proie à une véritable bataille pour sa survie.
La désorganisation n'est pas seulement politique, mais aussi économique, sociale et sanitaire. Un très grand nombre de personnes n'arrivent tout simplement pas à survivre.
La natalité est toujours galopante avec un taux de croissance de la population de plus de 3% par an, la mortalité infantile reste exagérément élevée, même si elle baisse depuis peu, et l'espérance de vie, qui était en baisse, remonte également lentement.

Malgré des réunions à l'ONU sur la question, personne ou presque ne semble être en mesure de régler les conflits meurtriers et remettre le pays sur la route du développement.
Le président Joseph Kabila (fils de l'ancien président Laurent-Désiré Kabila) tente malgré tout une réorganisation politique qui pourrait fonctionner, le peuple lui faisant désormais confiance. Des élections devraient normalement avoir lieu, mais il faut beaucoup de temps pour organiser une telle consultation.
La République Démocratique du Congo recèle une quantité impressionnante de minéraux, essences végétales etc... qui en font l'un des pays les plus riches en ressources naturelles. Peut-être un des éléments de la reconstruction et de la modernisation à venir, si on lui laisse sa chance et qu'on arrête de le piller ? (source : Population Data)

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