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LE G8
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A la veille du G8 d’Evian, Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, a pris l’initiative d’une rencontre internationale à Thonon le 14 mai, avec la participation de militant-e-s et de responsables de mouvements citoyens de Suisse, d’Italie, du Mali, du Proche-Orient. A cette occasion, elle a fait part des propositions du Parti communiste français.

Il n’y a rien de bon à attendre du G8. Ce “ club des riches ” est plus que jamais illégitime.
Certes, de par son caractère autoproclamé et fermé, mais illégitime, aussi, parce qu’il s’oppose à toute avancée dans la solution des grands maux dont souffre le monde …
Mais désormais, des citoyennes et des citoyens de plus en plus nombreux, on l’a vu à Florence, contestent ce groupe de puissances qui veut se jouer de l’ONU, qui fait de l’OMC un instrument du libéralisme sauvage, qui crache sur le développement durable, qui se sert du FMI pour imposer des diktats aux peuples, qui pille les ressources planétaires sous couvert de l'OCDE …
Comment ne pas dénoncer ceux-là même qui se réuniront à Evian et qui prétendent se mettre au chevet de cette Afrique qu'ils saignent eux-mêmes depuis des siècles ?

L'Afrique a droit à réparation pour les crimes d'esclavagistes dont sont auteurs les "grands" du monde. L'Afrique a droit à l'annulation de la dette, déjà remboursée plusieurs fois.
L'Afrique a droit à une aide publique au développement non soumise à conditions. L'Afrique a droit, surtout, à décider elle-même de son sort. Il faut que cesse, après le colonialisme, le néo-colonialisme !… Et comment ne pas dénoncer cette politique criminelle des Etats Unis et des trusts pharmaceutiques qui bloquent l’accès aux médicaments bon marchés, alors que 14000 personnes meurent chaque jour du Sida et des maladies tropicales.
Le G8 d’Evian s’est fixé pour mission de préparer le sommet de l'OMC qui se tiendra en septembre au Mexique. A son ordre du jour, l'Accord Général sur le Commerce et les Services. En ligne de mire, il y a les services publics, et singulièrement la santé, l'éducation, la culture, il y a les acquis sociaux et particulièrement les retraites et la protection sociale. …
Nous n’acceptons pas ce projet dévastateur qui servira de paravent à de nombreux responsables gouvernementaux qui ne voudront pas assumer les désastres qu’ils ont eux mêmes programmé …

Ces défis, nous pouvons les relever ! Un mouvement est en train d’émerger qui déjà pèse et qui demain va faire bouger durablement l’état du monde.
La crise irakienne fait émerger toutes les contradictions du monde d'aujourd'hui. Dans ce contexte, un fait politique de grande importance pour l'avenir retient toute notre attention. Avant et avec la guerre en Irak, l'émergence d'un mouvement populaire anti-guerre d'une dimension exceptionnelle, mondiale pour tout dire, a profondément modifié la donne. Ce mouvement a traduit des opinions publiques quasiment unanimes dans leur opposition à la politique de l'administration Bush. Il a dénoncé la politique de la force, la guerre illégale et illégitime. Il a exprimé, dans ses exigences, beaucoup plus qu’uniquement le refus de la guerre, il a exprimé l'aspiration à un monde plus juste, plus égalitaire, plus solidaire. Un monde plus libre et plus démocratique …
La résistance à l'hégémonie, la suprématie dans les affaires militaires, économiques, sociales, culturelles et diplomatiques des super-puissances est une donnée importante des manifestations alter-mondialistes. Cette résistance appelle des propositions alternatives concrètes. Il faut une profonde réforme des institutions financières internationales, pour résoudre le problème des énormes flux de capitaux spéculatifs qui pèsent sur le développement du monde, un développement durable et juste. Il faut donner à l’ONU un nouveau souffle, celui des peuples du monde, celui d’une véritable démocratie planétaire. Il faut amorcer une nouvelle phase du désarmement mondial pour tous et construire un processus de pacification. Il faut enfin s’attacher à faire naître de nouvelles coopérations Nord / Sud, à grande échelle sur le plan public comme sur le plan privé, afin de mutualiser les moyens, afin de rendre chacun libre de choisir son développement, afin de s’attaquer aux inégalités qui frappent notre planète. Il n’est pas question que le monde nous échappe !
Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir nous en mêler. Oui, nous sommes de plus en plus nombreux à dire que nous ne voulons pas nous faire dicter notre vie par le G8.

Il faut un acte politique fondateur marquant cette volonté de mettre le monde à l’endroit.
C’est dans cet esprit que je propose la convocation d’une Conférence internationale exceptionnelle sous l’égide de l’ONU. Une sorte de “ groupe de tous ”. Elle pourrait se décliner en plusieurs commissions : construire la paix par le désarmement, trouver des issues aux conflits existants, bâtir des solidarités et des coopérations entre les peuples, lutter contre les inégalités, respecter notre planète, démocratiser les institutions internationales. Cette Conférence Internationale exceptionnelle associant les chefs d’Etats, dans des délégations pluralistes comprenant également des représentants de la société civile, pourrait, dans un rapport étroit avec les élus du suffrage universel, les peuples de chaque pays, mettre en chantier au grand jour la transformation de notre monde, la réponse aux aspirations et aux besoins.

Le premier juin, nous sommes dans la rue, ici, pour faire face au G8. Nous serons au Larzac au mois d’août. Et en septembre, la fête de l’Humanité sera le rendez-vous de rentrée pour construire un autre Monde, changer la vie. A l’automne, nous participerons au Forum Social Européen de Saint-Denis-Paris-Bobigny-Ivry.
Cette effervescence crée du neuf, elle ouvre des perspectives, elle ébranle les potentats du monde, et ceux de notre pays. Elle porte la possibilité d’autres choix politiques majoritaires cernant les contours d’un vrai changement .


Le G8 par Gilles MOREL
Comme c’est le cas pour beaucoup d’organismes internationaux liées au commerce et au monde des affaires (OMC, Banque Mondiale, FMI, Commissions Européennes), peu de nos contemporains sont capables de dire quelles sont les attributions du G8.
A l’inverse, si l’on interroge les mêmes personnes sur le rôle joué par l’ONU ou l’UNESCO, chacun sait dans les grandes lignes ce qu’on y fait et comment y sont prises les décisions.
On peut alors s’interroger. Nos contemporains seraient ils plus doués pour la politique que pour l’économie , les institutions du type G8, OMC etc. seraient-elles servies par de mauvais communicants ou bien ces dernières ne s’entourent-elles pas d’une certaine opacité et dans ce cas pourquoi ?

Le G8 est né en 1975 à l’initiative du Président français Valéry Giscard d’Estaing en vue de créer un « sommet informel mondial sur l’économie mondiale ». A cette époque, le 1er choc pétrolier frappe de plein fouet l’économie occidentale. Les dirigeants occidentaux cherchent en fait à contrer l’OPEP et surtout à éviter que d’autres pays fournisseurs de matière première du Tiers Monde ne s’unissent comme l’ont fait les producteurs de pétrole.
Composé à l’origine de six pays - la France, l’Allemagne occidentale (alliée incontournable de la France), la Grande Bretagne (nouvellement entrée au Marché Commun), l’Italie, les Etats Unis et le Japon - le Canada rejoint rapidement le club à la demande des Etats Unis. Après la chute de l’URSS, la Fédération de Russie est invitée à ce qui s’est appelé le G7 + 1 avant de devenir le G8 que nous connaissons aujourd’hui. Notons que la Russie tient encore un rôle marginal au sein du G8 puisqu’elle est exclue des forums ministériels précédant le sommet.

On remarquera une disparité géographique frappante : l’Europe y est sur représentée, seul le nord du Rio Grande représente l’Amérique, l’Asie ne se contente que du Japon (ne parlons pas de la Russie compte tenu de son faible poids), l’Afrique et le Monde Arabe étant pour leur part superbement ignorés.

Le G8 se présente comme un club informel sans pouvoir de décision, sans règlement, sans siège ni secrétariat. Ses membres se défendent d’exercer par le biais du G8 une quelconque influence sur les organismes internationaux. Si l’on comprend bien, le G8 ne serait qu’un salon de thé de luxe où viendraient papoter des messieurs (au demeurant chefs des états les plus puissants du Monde) sans autre ambition que d’échanger des idées, un peu comme on refait le monde autour d’un verre au café. Cette définition angélique ne tient pas longtemps l’épreuve des faits.

Lorsque les causeries et accords « informels cela va de soit », sont ensuite relayés par ces même chefs d’état et avec un si bel ensemble auprès d’institutions comme le FMI et la Banque Mondiale dans lesquels (détail en passant) ils possèdent la majorité des actions, ce n’est plus d’un club informel qu’il s’agit mais bel et bien d’un gouvernement mondial. Or ce gouvernement mondial n’a reçu aucun mandat de la part des peuples du Monde.

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