l'Irak
L'IRAK ET LA PAIX
 



la carte de
l'Irak

FICHE
TECHNIQUE
Etat d'Asie
434 000 m2
23 534 000 habitants
l'économie
repose
essentiellement
sur le pétrole



TV5 infos



déclaration révélatrice
de Bush sur l'Irak










le plan du site



 
UN COUT TRES ELEVE
Alors que l'administration Bush estimait, au printemps 2003, que l'invasion irakienne allait être financièrement « abordable », une étude réalisée par le prix Nobel de l'économie, Joseph E. Stiglitz, évalue le coût de cette guerre à plus de 2000 milliards de dollars américains.
L'enquête, réalisée par le professeur Stiglitz et la professeure Linda Bilmes, de l'université Harvard, prend en compte non seulement les coûts directs des opérations militaires sur le terrain, mais aussi de nombreux frais imprévus telles les pensions d'invalidité qui seront versées aux milliers de soldats américains blessés.
Les deux universitaires tiennent aussi compte dans leurs calculs des frais de recrutement de nouveaux militaires pour relever les effectifs présents en Irak ou encore de l'impact du conflit sur l'économie américaine.
Avant l'intervention militaire, déclenchée en mars 2003, la Maison-Blanche avait rejeté les conclusions d'un des conseillers économiques du président Bush qui estimait les coûts de la guerre à quelque 200 milliards de dollars, les qualifiant de « très, très élevés ».
Joseph Stiglitz, ouvertement opposé au président George W. Bush, était un conseiller économique de l'ancien président américain, Bill Clinton. Il s'est aussi rendu célèbre pour sa dénonciation en règle du Fonds monétaire international (FMI).

REVELATIONS DES MASSACRES AMERICAINS
A L'ARME CHIMIQUE SUR LA POPULATION IRAKIENNE

Les preuves sont désormais accablantes : des bombes au phosphore blanc ont été larguées sur les habitants de Falloujah, brûlant femmes et enfants, montre un documentaire de la chaine de télévision italienne RAI 24. On peut voir sur (également sur son site www.rainews24.it) les photos atroces de ces corps calcinés par ce produit interdit par les conventions internationales, qui brûle la peau et fait fondre les muscles en quelques minutes, en laissant les os et les vêtements intacts.

Cela s'est passé le 8 novembre 2004, et depuis cette attaque qu'aucun média occidental n'a couverte, des rumeurs ont fait état de l'utilisation d'armes chimiques sur la ville. Le site Islam On avait à l'époque indiqué que les troupes US avaient eu recours massivement à des armes chimiques et des gaz toxiques, selon la bonne vieille méthode de Saddam Hussein contre les Kurdes en 1988.
Les USA avaient alors démenti et prétendu que leur armée n'avait utilisé les bombes au phosphore que pour "éclairer les positions ennemies la nuit".

Mais de nouvelles informations, comprenant des photos, des vidéos, des interviews de soldats américains ayant participé à l'attaque de Falloujah, prouvent que ces produits ont bien été utilisés en tant qu'armes, de manière massive contre la population.
Dans un documentaire de 20 minutes de la RAI, l'un des soldats présents le 8 novembre témoigne : "Le phosphore brûle les corps et fait fondre la chair jusqu'à l'os. J'ai vu les corps de femmes et d'enfants. Le phosphore explose et forme un nuage qui atteint les gens dans un rayon de 150 mètres".

Les Irakiens rêvent de paix
Ce devait être un jour heureux, loin des violences et de l’extrémisme grandissant. L’après-midi a viré au cauchemar. Deux morts et de nombreux blessés.
Les étudiants, tous issus de l’université de Bassora, étaient partis le coeur léger, friandises dans une main et poste de radio dans l’autre pour un pique-nique « inoubliable ». Le plaisir aura été de courte durée. Des hommes du Mehdi, la milice du jeune chef radical chiite Moqtada Sadr, les ont violemment pris à partie en les bastonnant à coups de crosses de kalachnikovs et couteaux, aidés par des policiers.
Leur faute : avoir écouté de la musique et dansé en public, alors que « le sang d’Hussein (le petit-fils du prophète Mohamed) n’a pas encore séché, en ce mois saint. Deux ans, jour pour jour, après l’offensive anglo-américaine lancée sur l’Irak, le conflit irakien n’est toujours pas résolu. « Les Américains ont gagné en tactique mais pas en stratégie. Ils ont montré leur incapacité à anticiper les problèmes », explique Mehmed Bakcet, un ancien diplomate irakien à la retraite.
George Bush, convaincu d’avoir fait le juste choix en envahissant le territoire, a ouvert une boîte de Pandore impossible à refermer dans l’immédiat
.
GANGS, GUÉRILLA et terroristes
L’Irak, qui n’avait, en trente-cinq ans de régime féroce, jamais connu le chaos, le terrorisme international ni le fondamentalisme religieux, est devenu « la patrie de tous les extrémismes où le simple fait de posséder une arme vous donne le droit de massacrer votre voisin », surenchérit Mohammed, un architecte de la reconstruction. Gangs, guérilla et organisations terroristes dont les ambitions dépassent le redéploiement américain, ont fait du territoire irakien leur terre de prédilection.
Si l’on en croit les statistiques fournies par les associations non gouvernementales, l’après-guerre est plus fratricide que l’offensive elle-même. La force multinationale, dirigée par les États-Unis, a perdu plus de 1 680 hommes en Irak depuis le déclenchement de la guerre, dont plus de 1 500 depuis le 1er mai 2003, date de la fin officielle des combats. Les victimes irakiennes, jusqu’à présent impossibles à chiffrer avec exactitude, varieraient entre 17 000 et 100 000 morts.
« Avant, lorsque ton voisin disparaissait, tu ne te posais même pas la question. Aujourd’hui, tu t’inquiètes, mais tu n’en parles pas de peur d’être le prochain sur la liste », ironise Fikra, avocate à Bagdad. Des dizaines de corps à l’état de putréfaction gisent parfois pendant des semaines à même le sol sans que personne ne vienne les ramasser. « Les gens ont peur d’être repérés et ensuite exécutés », explique Bassim Mehdi, un jeune ingénieur reconverti dans le journalisme. Le jeune homme soutient que les chiites, de plus en plus traqués par les extrémistes sunnites pour leur participation massive aux élections, s’organisent « en front ».
Pour eux, « c’est une question de vie ou de mort. Lorsqu’on tue les leurs, ils s’arrangent pour trouver les coupables et les assassiner à leur tour. Le procédé est simple, oeil pour oeil, dent pour dent ». Dans la périphérie de Bagdad, où la guérilla et le terrorisme font bon ménage, le wahhabisme gagne lui aussi du terrain. Un phénomène qui a commencé sous Saddam et trouve aujourd’hui son apogée en Irak. « Avant la guerre, l’Irak a toujours été perçu comme un pays libéral, moderne et ouvert. Saddam Hussein s’est employé à éliminer les salafistes installés à Falouja.
Ces islamistes convaincus, financés par les Saoudiens, attirent dans leurs mailles les sunnites les plus fanatiques », insiste Saad Najy Jawad, professeur en sciences politiques à l’université de Bagdad. Pour lui, l’absence d’État, de vrais partis politiques adaptés aux besoins du pays et l’occupation américaine nourrissent le fondamentalisme en Irak.

DES POLITICIENS IRRESPONSABLES
Un constat amer partagé par l’ensemble des Irakiens qui déplorent, plus d’un mois après les élections, l’absence de consensus politique pour la formation du gouvernement. « C’est ridicule. Les politiciens nous convoquent pour aller voter et sont ensuite incapables de se mettre d’accord. Qui sont les plus responsables dans l’affaire, les citoyens ou les politiques ? » interroge Ali, un informaticien au chômage. Mouthana, rhumatologue de renom, estime que les décideurs politiques n’ont toujours pas « la démocratie dans le sang ».
« En retardant la formation du gouvernement et la rédaction de la constitution, ils nourrissent le vide constitutionnel et confortent l’action terroriste. Le grand perdant de cette mauvaise farce n’est autre que l’Irakien », soutient-t-il. Rongés par l’insécurité et le chômage endémique qui alimentent la guérilla et le terrorisme, les Irakiens aspirent toujours, deux ans après la guerre, à cette « liberté » qui signifiait « le droit de vivre en paix ».
Anne-Sophie Le Mauff, L'Humanité du 21/03/2005