les inondations

LES INONDATIONS
Encyclopédie
inondation n. f. Accumulation d'eau hors des limites habituelles et naturelles de cet élément.
L'eau peut être meurtrière, dès qu'elle sort de son lit ou de son bassin naturel, qu'elle se met en mouvement et qu'elle envahit indifféremment les campagnes et les zones urbaines. Elle a alors une force considérable.
Un mètre cube d'eau pèse une tonne, et il est facile d'imaginer que de grandes quantités d'eau mises en mouvement puissent balayer des voitures, des maisons et des ponts, et causer des morts par noyade. Mais ces débordements ont d'autres façons de faire des victimes. Des villages entiers peuvent se retrouver dévastés, laissant leurs habitants sans abri ; la famine survient parfois, lorsque les bêtes et les récoltes ont été détruites par les eaux.
Les eaux elles-mêmes sont souvent contaminées et des épidémies de choléra et de typhoïde font à leur tour des victimes, dans le sillage des grandes inondations.
Pourtant les plaines propices aux inondations ont toujours attiré l'homme. Ce sont des voies de communication aisées entre les régions, et il est commode de s'y installer. De plus, les alluvions et les limons apportés par les eaux donnent des terres très fertiles.

Les grands types d'inondation
Toutes les inondations commencent par des pluies, mais trois types d'inondations peuvent être distingués.

Les pluies.
Le premier type, le plus fréquent, correspond à des cours d'eau qui sortent de leur lit à la suite d'importantes précipitations ; ces débordements ne sont pas soudains, et l'homme peut généralement observer la montée des eaux jusqu'à ce que le fleuve ou la rivière s'épande hors de son cours naturel.
Parmi les grands fleuves, le Mississippi, long de 3 780 km, décrivant tresses et méandres, est enclin à s'étaler, car sa pente est très faible.
La crue la plus meurtrière du Mississippi, en 1927, inonda 66 000 km2, touchant sept États.
De même, le fleuve Jaune (Chine), ou Huang He, long de 4 670 km, détient le record des inondations et du nombre des victimes. Au cours des 3 500 dernières années, il a débordé 1 500 fois et changé 26 fois de cours et d'embouchure. Sa plaine, probablement la plus fertile du monde, constituée de limons jaunes apportés par le fleuve, d'où son nom, ne présente pas de reliefs pour contenir les eaux en cas de pluies abondantes.

Les orages.
Phénomène bien plus rapide, les inondations dues aux orages résultent des pluies torrentielles sur des sols déjà gorgés d'eau, imperméables naturellement ou artificiellement, comme en zone urbaine, qui dévalent les pentes pour inonder les zones topographiquement basses : ce sont les crues subites.
Un exemple type est illustré par la catastrophe du Grand-Bornand, dans les Alpes françaises, qui fit, le 14 juillet 1987, 23 morts. Un orage violent, faisant suite à un début d'été pluvieux qui avait imbibé d'eau les terrains, déversa un torrent d'eau chargée de boue sur le terrain de camping du Grand-Bornand. Ce type de phénomène a frappé aussi Nîmes en 1988 (10 morts, 4 milliards de francs de dégâts), Dronka (Égypte) et la vallée du Nil environnante en novembre 1994 (plus de 300 morts), Biescas (Pyrénées aragonaises) en août 1996 (83 morts). Généralement, l'homme n'a pas le temps de réagir au moment de la catastrophe, et il doit prévoir son éventualité bien antérieurement.

Les cyclones.
Le troisième type d'inondation est de loin le plus meurtrier, puisqu'on estime que, à lui seul, il représente plus de 60 % du total des victimes que font toutes les catastrophes naturelles, séismes et éruptions volcaniques compris. Il s'agit des inondations liées aux cyclones ou tempêtes cycloniques.
Les pluies diluviennes associées à ces phénomènes météorologiques gonflent rapidement les rivières, mais ce sont les raz de marée qu'ils peuvent provoquer qui représentent le plus grand danger. Une zone de dépression atmosphérique, comme une forte tempête ou un cyclone, a pour effet d'élever le niveau de la mer (de 8 ou 9 mètres pour un cyclone). L'effet peut être catastrophique, lorsque ces dépressions, poussées par des vents violents, arrivent sur les côtes d'un pays plat. Or, certaines régions du globe sont basses, voire en dessous du niveau de la mer, et il faut peu de chose pour que les eaux les submergent.

Les Pays-Bas et le Bangladesh en sont deux exemples.
Un tiers de la surface des Pays-Bas se situe sous le niveau de la mer à marée haute. Une nuit de tempête en novembre 1282, la mer déferlant au-dessus de la grande digue recouvrit tout le centre des Pays-Bas et noya environ 20 000 personnes sous 2 m d'eau.
Fin janvier 1953, les grandes d'équinoxes conjuguées à de forts vents de tempête sur la côte eurent raison des digues ; 16 000 ha et plus de 100 villes furent inondés. Environ 1 860 personnes et un demi million de têtes de bétail furent noyés. À présent, un important ensemble de barrages régule les arrivées d'eau du delta du Rhin, de la Meuse et de l'Escaut pour prévenir d'autres inondations.

Les facteurs et la fréquence des crues
Un autre facteur naturel peut influer sur les crues d'un fleuve : sa position géographique sur la planète. Par exemple, l'Amazone , dont le débit d'eau est le plus important du globe, ne présente des crues que très rarement. Cela est dûà une distribution des affluents de part et d'autre de l'équateur : ceux-ci reçoivent des pluies à des époques différentes.
Pour classer les inondations, les hydrologues emploient une méthode statistique assez classique, fondée sur les données historiques. Selon ce que l'on sait du comportement antérieur d'un cours d'eau, une crue donnée peut être considérée comme décennale ou centennale, c'est-à-dire qu'elle peut, en moyenne, se reproduire une fois tous les dix ans ou tous les cent ans.
Mais il ne faut surtout pas en conclure que les inondations ont lieu régulièrement tous les dix ou tous les cent ans. Le Mississippi, par exemple, a eu des crues centennales en 1934, 1944, 1947 et 1951 !

Infiltration et ruissellement : un équilibre à respecter
Les inondations ne sont pas toujours inévitables, et, trop souvent, l'impact des aménagements est plus fautif que le climat.
L'eau de pluie peut ruisseler, c'est-à-dire s'écouler à la surface du sol, ou s'infiltrer et rejoindre d'abord l'humidité du sol, puis éventuellement une nappe d'eau souterraine. Le ruissellement n'aura lieu que s'il est impossible à l'eau de s'infiltrer.
Dans un cycle purement naturel, on estime que l'eau qui tombe du ciel s'évapore, pour 60 à 70 %, par l'intermédiaire des plantes. Ce qui demeure au sol est normalement pour moitié, ou pour les deux tiers, absorbé par le sol. Ainsi, mais avec des fluctuations importantes selon le climat et la géologie du sol, de 15 à 20 % de la pluie qui ruisselle va grossir rapidement les cours d'eau.
Ce cycle naturel est désormais perturbé par l'homme, qui modifie parfois considérablement l'aspect physique d'un bassin versant, comme c'est le cas avec certaines pratiques agricoles, qui, laissant des sols nus en hiver, favorisent le ruissellement et l'érosion.
Le déboisement et le remembrement des terres favorisent également le ruissellement. Mais c'est probablement l'urbanisation de nombreux bassins versants qui est le plus susceptible de créer ou d'accroître le risque de crue. L'urbanisation - construction de bâtiments, de routes, de parcs de stationnement - a comme conséquence de rendre imperméable la surface du sol, ce qui favorisera le ruissellement aux dépens de l'infiltration.

C'est donc au niveau de l'aménagement des bassins versants petits et moyens, qui doit éviter toute imperméabilisation anarchique, et par la maîtrise de l'occupation irraisonnée des lits majeurs, qu'il faut intervenir.





ET SI LA SEINE DEBORDAIT ?
1910, 1924 et 1955 sont les trois dernières dates où la Seine a débordée, laissant de mauvais souvenirs aux riverains.
La première officiellement recensée, chroniquée par Grégoire de Tours, est survenue en 583.
Aujourd'hui ce scénario catastrophe est toujours possible. Les simulations indiquent qu'une crue dévastatrice pourrait se dérouler d'ici un à cinq ans.
57 communes situées dans la vallée seraient innondées, et 55 à 60 000 personnes directement concernées. Les zones les plus exposées se situent dans les Yvelines, les Hauts de Seine et l'Oise.
40 à 50 000 entreprises, et des dizaines de milliers de maisons sont situées dans la zone inondable, suite à une urbanisation galopante et incontrolée.
La Maison de la radio et le Grande Bibliothèque comptent parmi les édifices les plus menacés, sans compter le Louvre et le Musée d'Orsay, bâtis bien avant.
Des installations industrielles très importantes sont menacées. Le terminal pétrolier de Gennevilliers, le dépôt de carburant d'Ivry sur Seine, l'usine Avantis de Vitry-sur-Seine seront totalement inondés. Les gares de Lyon et d'Austerlitz seront sous l'eau.
Les dégats humains et matériels seraient ainsi considérables et estimés déjà à un minimum de 4,6 milliards d'euros. L'A 86, l'A 14, le réseau ferroviaire entre Paris et Mantes, et une partie de la ligne C du RER seraient submergés. Le PPRI (Plan de Prévention Risques Inondations) ne sera pas achevé avant 2005, et l'application des mesures de prévention ne sera pas totalement mis en oeuvre avant trois ans).


LES CRUES
Il faut distinguer les crues de fin d'hiver, liées à la fonte rapide d'importantes accumulations de neige, des crues d'été directement causées par des précipitations intenses.
Les effets de des pluies intenses sont aggravés lorsque l'urbanisation augmente l'imperméabilité des sols ou limite autrement l'écoulement des eaux tombés.

L'EFFET DE SERRE AUGMENTE LE RISQUE D'INONDATIONS
"Il est très vraisemblable que le nombre d'événements de précipitations intenses augmentera sur beaucoup de régions", indique le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat. Pour le nord de l'Europe, toutes les simulations semblent prévoir une augmentation des précipitations particulièrement sur l'Ecosse, l'Irlande, la Bretagne, les Flandres...
Pour le sud de l'Europe une diminution des précipitations est prévue.
L'aménagement des sols, le développement de l'irrigation, l'effet de serre, expliquent ces évolutions.

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