Victor HUGO et le poème Liberté

VICTOR HUGO

Je hais l'oppression d'une haine profonde
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2002 : le bicentenaire du plus populaire et du plus complexe
des écrivains français.

Je hais l'oppression d'une haine profonde,

Aussi, lorsque j'entends, dans quelque coin du monde,

Sous un ciel inclément, sous un roi meurtrier,

Un peuple qu'on égorge appeler et crier,

Alors, oh ! je maudis, dans la cour, dans leur antre

Ces rois dont les chevaux ont du sang jusqu'au ventre ;

Je sens que le poète est leur juge, je sens

Que la muse indignée, avec ses poings puissants

Peut, comme au pilori, les lier sur leur trône

Et leur faire un carcan de leur lâche couronne,

Et renvoyer ces rois qu'aon aurait pu bénir,

Marqués au front d'un vers que lira l'avenir !

Oh! la Muse se doit aux peuples sans défense.

J'oublie alors l'amour, la famille, l'enfance

Et les molles chansons et les loisirs sereins

Et j'ajoute à ma lyre une corde d'airain.

Feuilles d'automne (1831)



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