les énergies
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LES ENERGIES

Enjeux énergétiques : Préparer l'avenir.
Comment maintenir et renforcer la croissance économique, forcément gourmande en énergie, sans remettre en cause l’indépendance énergétique de la France... tout en participant à l’indispensable effort mondial visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre ?
Tel est, en résumé, l’enjeu de la politique énergétique française. Notre pays ne manque pas d’atouts pour y répondre de façon satisfaisante. Son potentiel nucléaire, développé depuis le milieu des années 70, lui assure une indépendance énergétique remarquable pour un pays pauvre en matières premières, et contribue à ses bonnes performances dans le domaine de la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Il ne s’agit pourtant pas d’une panacée : outre le problème de la sécurité, toujours d’actualité dans un contexte de course à la rentabilité, l’industrie nucléaire doit affronter de vraies questions quant aux traitement des déchets qu’elle produit.
Et le renouvellement du parc de centrales, à partir des années 2015-2020, impose de prendre aujourd’hui des décisions impliquant de lourds investissements.


LE PETROLE
Mais notre production d’énergie dépend encore largement du pétrole. L’augmentation de son prix, ces derniers mois, pourrait bien n’être qu’un avant-goût du futur. Car les réserves mondiales ne sont pas illimitées - d’autant que, pendant les années de bas prix, les pétroliers ont considérablement ralenti la prospection. Des choix s’imposent pour limiter le recours à l’or noir, notamment en matière de transports, mais aussi pour le remplacer. Il reste aujourd'hui 142 milliards de tonnes de pétrole dans les entrailles de la Terre, soit 50 ans de réserve.

LE GAZ
Dans ce domaine, le gaz naturel a le vent en poupe. Mais en tant qu’énergie fossile, il posera à terme des problèmes identiques.

LES ENERGIES RENOUVELABLES
Reste alors ce que l’on regroupe sous le terme “ énergies renouvelables ” : hydraulique, solaire, éolien, biomasse, géothermie...
Le bois est la principale source d'énergie employée dans le monde, et ceci depuis plus de 500 000 ans. Pourtant sa particularité c'est qu'elle ne se renouvelle plus en totalité, et qu'elle entraîne des déforestations dangereuses pour l'avenir de la société. (voir dossier sur l'Amazonie).
Et là, en dehors de l’hydraulique dont le potentiel est déjà quasiment réalisé, tout reste à faire.
Mais quoiqu’il en soit, on ne pourra se permettre, même à long terme, de faire reposer l’essentiel de notre production énergétique sur ces secteurs. L’avenir est donc à une vraie complémentarité entre les différentes sources.

Il ne faut pas compter sur “ le marché ”, qui ne cherche que les bas prix, pour l’organiser : l’État doit prendre ses responsabilités, pour qu’une réponse satisfaisante soit apportée aux besoins économiques, sociaux et environnementaux.

BILAN ENERGETIQUE RENOUVELABLE

SOURCES % du total des renouvelables % du total de la production d'énergie
Bois
77,2
11,17
hydrélectricité
16,57
2,4
géothermie
3,27
0,47
éolien
0,13
0,02



LES ECONOMIES A REALISER
Les économies seront réalisées dans trois directions : la réduction du transport de marchandises par la route, la rationalisation des transports des particuliers et la chasse au gaspillage domestique.
Les deux tiers du pétrole consommé en France vont dans les transports. Pour réduire le transport de marchandises effectué pour plus de 80% par camion, le transport par le rail et le ferroutage (mettre des camions sur des trains) doivent être relancés, avec la mise sur pied d’une politique européenne.voir le dossier transport sur Oikonomia.

L 'EFFET DE SERRE
Aujourd’hui, les moyens de locomotion représentent un tiers des rejets de CO2 dans l’atmosphère et plus de 48% en 2020 selon le Commissariat général du Plan.
Lorsque la planète se réchauffe dangereusement L’accroissement de la concentration des gaz à effet de serre, liée à l’activité humaine, fait craindre aujourd’hui une augmentation de la température dans les prochaines décennies.
L’effet de serre est un mécanisme de l’atmosphère de la terre qui retient une partie de l’énergie rayonnée par le sol et les océans vers l’espace. Les molécules de gaz à effet de serre absorbent les rayons infrarouges émis par la terre, s’agitent et réchauffent ainsi le fond de l’air.

Si la planète ne bénéficiait pas de cet effet, la température moyenne serait de -18° C contre les 15° C actuels.
Les principaux gaz à effet de serre sont : la vapeur d’eau, le gaz carbonique, le méthane, les CFC, l’oxyde d’azote, l’ozone. Plus la teneur de l’air en gaz à effet de serre est élevée et plus le climat est chaud.
Depuis le début de l’ère industrielle, la teneur en gaz carbonique a déjà grimpé de 290 à 360 parties par millions avec l’usage du charbon, du pétrole et du gaz. Une grande partie du C02 émis vers 1880 à cause du charbon est encore présente aujourd'hui dans l'atmosphère et contribue au déréglement climatique.

Une hausse inférieure de moitié à celle qu’aurait dû produire la pollution car environ 50% du gaz carbonique émis se sont logés dans le sol, arbres et l’océan mondial. D’autres gaz, comme le méthane, lié à la riziculture et aux cheptels de bovins, sont aussi en augmentation.
Si l’on continue sur cette pente, la teneur totale, calculée en équivalent gaz carbonique, pourrait tripler d’ici à l’an 2100. La température moyenne devrait monter de 1,4 à 8 degrés. Les scientifiques discutent encore de l’ampleur du réchauffement qui en résultera mais tous les scénarios et simulations informatiques prédisent des transformations majeures du climat et de la géographie planétaire, même s’il est encore difficile d’en dessiner les détails.

Ainsi, la transformation des paysages qui en résulterait ne sera pas simple car de nombreuses espèces végétales ne suivraient pas le mouvement. Le cycle hydrologique sera accéléré, même s’il est encore difficile de dire si les épisodes violents, comme les tempêtes de décembre 1999, seront plus fréquents.

Les océans devraient grimper d’environ 50 cm, ce qui menacerait de nombreuses villes de bord de mer. Les conséquences économiques, sociales et sanitaires seront importantes, et probablement beaucoup plus sensibles dans les pays pauvres disposant de moins de moyens pour s’adapter à ces changements.

Les Etats-Unis consomment deux fois et demi plus d’énergie par habitant que la France. 25% des émissions de gaz a effet de serre proviennent de chez eux.

LE CHOIX DE LA FRANCE
La France et l'Europe face aux choix énergétiques La hausse récente du prix du pétrole met de nouveau le doigt sur la sensibilité de l’ensemble des pays européens au prix de ce combustible.
Chacun voit combien ceci est de nature à perturber de nombreux secteurs de l’activité économique. Certes, la France est un peu moins mal placée que certains de ses partenaires européens, car son parc nucléaire assure aujourd’hui une production nationale équivalente à 88 millions de tonnes de pétrole - soit la production d’un émirat arabe ; et grâce à cette contribution, l’indépendance énergétique nationale est passé de 22 % en 1973 à 49 % en 1999.
L'énergie nucléaire est de très loin la moins polluante. Un kWh nucléaire produit 10 g de CO2 contre 1 kilo pour un kWh charbon, et 0,5 kWh gaz. Autre avantage : les centrales nucléaires permettront un jour de produire "proprement" l'hydrogène indispensable aux piles à combustible. Les moteurs du futur seront sans doute la meilleure réponse au problème de la pollution automobile.

Une récente étude de prospective à moyen terme (2020-2030), réalisée pour la Commission européenne, anticipe que la croissance durable de la demande énergétique aura pour conséquence un accroissement des importations de combustibles fossiles et notamment de gaz : la dépendance énergétique européenne qui se maintenait en dessous de 50 % dans les années 90, pourrait avoisiner les 2/3 en 2020.

En pratique, et sans parler des possibles économies d’énergie, les solutions connues et disponibles sont l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables - aux premiers rangs desquelles se trouvent l’hydraulique et l’éolien.
Grâce aux investissements réalisés par EDF pour ses programmes nucléaire et hydraulique, la France a développé une industrie qui lui permet de produire une électricité abondante, non polluante et bon marché.
Cette industrie nationale génère de nombreux emplois qualifiés, car le coût de production de l’électricité nucléaire, comme celui de l’hydraulique, intègre très peu d’importations de matières premières, mais de nombreuses heures de travail d’ingénieurs, de techniciens et d’ouvriers.

L’éolien - dont il convient de rappeler que 60 % du marché mondial est détenu par les Danois - peut sembler assez intéressant également, avec 10 000 mégawatts installés dans le monde et une progression d’environ 2 000 MW par an. Cela dit, dix ans d'effort de ce pays lui a juste permis d'absorber une année de hausse de la consommation d'énergie.
Pour couvrir 10 % des besoins européens en électricité, il faudrait disposer de plus de 8 000 kilomètres carrés, soit la superficie de deux départements français, situés dans des zones favorables pour un coût de production estimé, avec la technologie actuelle, à quelque 30 centimes par kilowattheure. La problématique de l’énergie est donc au cœur de nos économies et de nos choix de société.


Pour contribuer à une croissance économique durable, l’énergie, doit être concurrentielle et peu sujette aux variations (pour ne pas dire «augmentations») du coût des matières premières : c’est le cas de l’énergie nucléaire, qui est compétitive et offre une garantie de fourniture à long terme avec des prix stables.
Au plan de l’environnement, l’«effet de serre» - trop longtemps balayé d’un revers de main par ceux-là même qui prétendent défendre la nature et les grands équilibres - est un risque écologique grave selon les scientifiques.
Et là, une autre étude effectuée pour la Commission européenne apporte une réponse claire à moyen terme en ce qui concerne la réduction des émissions de CO2 : parmi tous les scénarios étudiés, le seul respectant les objectifs du Protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de CO2 est celui où la part de la capacité nucléaire de l’Union européenne (23 % de la capacité électrique totale) est maintenue, d’une part au moyen de l’exploitation des tranches existantes jusqu’à 40 ans et leur remplacement au-delà, d’autre part au moyen d’une relance de la construction de nouvelles tranches pour répondre à la croissance de la demande.
En schématisant, les biocarburants ont un intérêt global au niveau de l’effet de serre, du fait qu’ils ne puisent pas dans un stock de carbone fossile pour le rejeter en surplus dans l’atmosphère, mais ont pour base du carbone que les végétaux prennent déjà dans l’air.

À l’opposé de cet effet “ global ”, leur utilisation a aussi des effets “ locaux ” où avantages et inconvénients sont plus partagés.
Au niveau agricole, on retrouve en effet des risques similaires à ceux de toutes les grandes cultures, principalement la pollution des nappes par les nitrates et les pesticides.
En revanche, utilisés en ville, ces carburants réduisent certaines émissions toxiques, notamment les fameuses particules solides. Il y a un donc un bénéfice au niveau de l’usage, surtout si on se limite à une utilisation urbaine, et un risque - qui dans certains cas est plus qu’un risque - au niveau agricole.

Mais sur ce dernier point, on peut s’en sortir en adoptant de bonnes pratiques. Quelles sont les perspectives d’avenir pour l’usage de ces biocarburants? Aujourd’hui, le secteur des transports dépend à 95 ou 98 % du pétrole.

Le nucléaire reste la source la plus fiable dans le paysage énergétique français. L’avenir énergétique de la France peut-il se penser sans prendre en compte l’énergie nucléaire ?
Dans le contexte de hausse des prix du pétrole et de la lutte contre l’effet de serre, le nucléaire défend des atouts indéniables.
Il contribue à assurer l’indépendance énergétique de la France et il s’avère également une énergie très faiblement émettrice de CO2.

Les sources d’approvisionnement énergétique se répartissent entre le pétrole (37%), le gaz (12%), charbon (6%), nucléaire (42%), hydraulique et autres (3%).



DES DECHETS QUI RESTENT ENCOMBRANTS
Les déchets radioactifs ont une vie longue Issus de l’exploitation des centrales nucléaires ces résidus sont souvent très radioactifs, mais peu volumineux. Ils représentent 1% du volume de déchets radioactifs mais concentrent 90 % de la radioactivité. Une activité qui mettra des siècles, des millénaires a disparaître.
Que faire de ces déchets ?
La Suède a choisi de les stocker à grande profondeur, sous la mer. Les Etats-Unis creusent des kilomètres de galeries dans le désert du Névada pour entreposer ces déchets.
La France réfléchit et doit prendre une décision en 2006.


L'APOCALYPSE
Un scénario catastrophe, que ne renierait pas une super production hollywoodienne, élève la lutte contre le changements climatique au rang d'enjeu de sécurité nationale pour les USA.
- d'ici à 2007, de violentes tempêtes qui balayeront les côtes des Pays-Bas, au point de rendre inhabitable une grande partie du pays; - entre 2010 et 2020, par l'interruption brutale du courant chaud du Gulf Stream, une chute des températures de 14°C en Europe, conduisant à l'instauration d'un climat nordique, cohérent avec sa positon sur le globe (Paris, situé au nord de Montréal a des hivers qui ressemblent à des fins d'automnes montréalais et des étés qui, jusqu'à présents, étaient beaucoup moins chauds que ceux de Montréal)
- le Bangladesh sera quasiment rendu inhabitable par la montée du niveau des mers et la salinisation de l'eau douce qui l'accompagne. (le rapport complet).
La banquise pourrait fondre de moitié d'ici d'ici la fin du siècle, de quoi provoquer une montée de un mètre du niveau des océans, engloutir de larges portions de terre habitée et menacer des centaines d'espèces.
Dès 2003, les catastrophes "naturelles" (cyclones, inondations, vagues de chaleur, incendies, tremblements de terre...) ont tués plus de 50 000 personnes dans le monde.


MOSAIQUE WEB PLUS
L'énergie éolienne se sent pousser des ailes
(Sources Ouest France du 20 / 02 / 2006 )

De 5 000 à 6 000 éoliennes pourraient prendre leur envol dans les dix ans qui viennent. Jean-Yves Desfoux
L'Europe tanne la France pour qu'elle s'équipe en éoliennes. La rentabilité n'est pas là. EDF, bonne fille, fait payer le surcoût à ses abonnés.
Les éoliennes poussent comme des champignons dans l'Hexagone. De quoi donner du grain à moudre aux partisans de l'énergie propre comme aux défenseurs de paysages champêtres inviolés. Mais la messe n'est-elle pas déjà dite ? La loi d'orientation sur l'énergie, votée en juin 2005, prévoit la relance du nucléaire (l'EPR de Flamanville), mais aussi le développement du parc éolien.

Actuellement, la part des énergies renouvelables dans notre électricité est de 15 %. L'Europe exige qu'elle soit portée à 23 % d'ici à 2010. Pour y parvenir, la France - mauvaise élève de l'Europe - n'a pas vraiment le choix.
Un rapport de Bercy (rapport dit PPI, Préparatoire au projet de programmation pluriannuelle des investissements de production électrique) affirme clairement qu'il n'y a " pas d'autre choix " que l'éolien. L'apport de la biomasse est qualifié de " moindre " et celui du solaire ou de la géothermie de " marginal ".
De 5 000 à 6 000 éoliennes pourraient donc prendre leur envol dans les dix ans qui viennent, assurant, à terme, 6 % de notre consommation électrique. Une envolée qui a un coût : 15 milliards d'euros d'investissements (il faut compter, environ, 1,2 million d'euros par mégawatt installé).

Une rentabilité aléatoire
Reste le problème de la rentabilité. Actuellement, l'éolienne - largement subventionnée - représente surtout une bonne affaire pour ses constructeurs (Vestas, Gamesa, Enercon), les sociétés d'exploitation des parcs, les collectivités locales, voire les agriculteurs. La loi oblige en effet EDF à racheter cette électricité fournie par le privé. Et ce jusqu'en 2023 !
Une électricité payée (jusqu'à présent) 8,38 centimes d'euro le kw/heure fourni. Au prix du marché, un véritable cadeau. Qui ne coûte rien à EDF, puisque ce dernier ventile cette " subvention " sur les factures de tous ses clients...

Dans les villages, on se réjouit des taxes professionnelles versées par les sociétés d'exploitation d'éoliennes. La commune d'Ally (Haute-Loire), qui abrite un parc éolien dodu, table ainsi sur 150 000 € de rentrées par an. Les agriculteurs, eux, peuvent demander, sans rougir, 3 000 € par an pour autoriser une machine à brasser de l'air sur leur champ.

L'aide de l'État contestée
Les anti-éoliens continuent à dénoncer le " scandale " de l'aide étatique apportée, via nos impôts, à une énergie " qui coûte trois fois plus cher que le nucléaire ". En occultant, peut-être, le fait que le futur réacteur EPR (1 600 MW de puissance) coûtera la bagatelle de 3 à 4 milliards d'euros.
Reste que l'éolienne ne résoudra pas tout tout de suite.

Au Danemark (5,4 millions d'habitants), très en pointe sur la question, 5 500 éoliennes fournissent déjà 3 100 MW, soit 20 % de la consommation électrique du pays. L'objectif pour 2015 est de couvrir 35 % de ces besoins. À Copenhague, on estime que, progrès technologique aidant, l'éolien, de plus en plus souvent implanté sur des îlots déserts au large des côtes, devrait parvenir à produire de l'électricité " à un prix compétitif " d'ici à une dizaine d'années.
En France, certains ingénieurs spécialistes restent dubitatifs. Si, en 2023, à la fin du versement des subventions, on n'arrive toujours pas à produire une électricité compétitive, " on démontera les mâts ". Il suffisait d'y penser.



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