dictionnaire économique
Définitions des principaux termes employés en économie

SOURCES D'ENERGIE : Ensemble des matières premières ou des phénomènes naturels utilisés pour la production d'énergie (charbon, hydrocarbures, uranium, cours d'eau, mérées, vents, etc.).

Des besoins mondiaux accrus pour l'avenir …
Avant 2050, la Terre comptera environ 3 milliards d’habitants en plus qui naîtront essentiellement dans les pays en voie de développement. Ils auront besoin d'énergie.
L'Américain moyen consomme environ 13 fois plus d'énergie qu'un habitant de l'Afrique sub-Saharienne. La réduction de la misère à l’échelle planétaire passe par la réduction des inégalités énergétiques. Pour sortir du sous-développement, le sud aura besoin d’énergie. Ce besoin de "justice énergétique" se fait sentir aussi au sein même des pays développés. En France, les écarts de consommation moyenne par habitant entre les villes de Neuilly et d'Aubervilliers ne sont pas acceptables.
L'énergie est devenue aussi nécessaire à la vie que l'air que nous respirons. Son usage devient une nécessité vitale pour tous les habitants de la planète.
Elle doit devenir un droit pour tous. La demande énergétique mondiale a donc toutes les chances d'exploser au 21ème siècle. Les analyses prospectives convergent toutes vers une augmentation importante de la demande d’énergie à l’échéance du demi-siècle. Le monde a consommé 9346 Mtep (million de tonne équivalent pétrole) en 2000, il est déjà envisagé une demande de 14907 Mtep en 2020. Dans l'évolution de la demande mondiale, les pays en voie de développement, principalement la Chine, auront un poids grandissant et modifieront profondément le face-à-face actuel OCDE/OPEP relatif au pétrole.
Mais, les peuples sont inégaux devant l'énergie tant du point de vue de leurs ressources que de leur consommation. La satisfaction de ce besoin universel, implique une solidarité entre tous les pays dans le monde. Face à l'accroissement de la demande énergétique, la politique énergétique de la France doit s'inscrire dans ce contexte mondial de solidarité.

… dans des contraintes inédites …
La réponse actuelle à cette demande croissante d’énergie est assurée à 80 % par les ressources fossiles de la planète (charbon, plus de 60 % pour le pétrole et le gaz). Or celles-ci, du fait de leur localisation et de leur nature, nous placent devant des limites d’épuisement et des risques géopolitiques et environnementaux.

L'épuisement des ressources fossiles
Les durées limites d'utilisation du pétrole sont généralement évaluées à 40 ans sur la base de la consommation actuelle (voir ci-joint la carte des réserverves actuelles dans le monde).
Bien que les avis diffèrent sur l'évaluation des réserves d'hydrocarbures, deux réalités demeurent.
Nous trouvons actuellement un baril pendant que nous en consommons quatre. L'exploitation énergétique des ressources n'a de sens que tant qu'on ne consomme pas plus d'énergie pour se les procurer qu'elles n'en restitueront lors de leur combustion. Dès que la moitié des ressources auront été épuisée, cette échéance pourrait être atteinte avant 2010, la production baissera et le prix du pétrole augmentera inéluctablement.
Les progrès technologiques des dernières décennies ont ouvert des perspectives énergétiques au gaz naturel grâce à la réduction des coûts de son transport. Ils favorisent son utilisation à l'échelle planétaire.
Plus que pour la production d'électricité, son utilisation la plus rationnelle (en terme de rendement) est obtenue à des fins de chauffage industriel ou domestique. Sur la base de la consommation mondiale actuelle (elle est en train d'augmenter très fortement), les durées limites d'utilisation du gaz sont évaluées à 60 ans.
Le charbon, compte tenu des réserves disponibles et d'une répartition plus équitable à la surface du globe, sera le combustible d'avenir pour les prochaines décennies, principalement dans les pays en développement.

Les risques géopolitiques
Les réserves en gaz et en pétrole se trouvent principalement au Moyen-Orient et en Russie. L'actualité récente a montré que le contrôle de ces deux ressources est l'objet de conflits géopolitiques planétaires qui peuvent aller jusqu'à la guerre.
La fragilité de la stabilité politique de ces régions, ainsi que celle des pays par lesquels ces ressources transitent, nous oblige à être prudent au regard de nos approvisionnements en gaz et en pétrole en provenance de ces régions. Mais ce risque ne doit pas nous faire oublier que le développement de ces pays et l'éventualité qu'ils puissent surmonter leurs difficultés passe par la vente sur les marchés mondiaux de leurs ressources en gaz et en pétrole. Nous devons donc tenir un juste équilibre politique entre le risque de dépendance énergétique vis-à-vis de ces pays et celui de les déstabiliser si le "Nord" arrêtait ses achats d'hydrocarbures.

Les risques environnementaux
Enfin, à des titres divers, le charbon le pétrole et le gaz, dans des proportions différentes, sont émetteurs de gaz à effet de serre, essentiellement du CO² mais aussi du méthane pour ce qui concerne le gaz. Parmi les parades pour limiter à terme les conséquences de l'inévitable réchauffement climatique de la planète, la réduction de la combustion, en tant que forme d'utilisation de ces trois ressources est une nécessité.
Nous devons donc trouver et/ou inventer des solutions alternatives pour nos transports. Nous devons aussi valoriser les technologies qui n'utilisent pas la combustion des ressources fossiles pour la production d'électricité et le chauffage de l'habitat.
Cela étant dit, un constat s'impose. Le charbon sera le combustible n° 1 de la planète. Mais c'est aussi le plus polluant.
Les pays développés se doivent donc d'avoir une politique énergétique solidaire du sud en les aidant à réduire la pollution du charbon par le développement de technologies d'utilisation plus propres (lit fluidisé, stockage du CO², recherche sur les matériaux pour améliorer le rendement des installations, …) et en leur laissant des marges de manœuvre au regard des contraintes imposées pour limiter les effets du réchauffement climatique. Les pays développés doivent donc privilégier l'utilisation de formes d'énergie non émettrices de gaz à effet de serre, notamment l'énergie nucléaire.

Le système français de production d'électricité qui associe essentiellement hydraulique et nucléaire a montré tous ses avantages. Il assure une indépendance énergétique grâce à ses grandes facilités de stockage (des combustibles nucléaires) sur plusieurs années.
Emettant un minimum de gaz à effet de serre, il est une réponse pertinente au réchauffement climatique. Il crée les conditions d'une réelle solidarité entre le Nord et le Sud, tant dans le domaine technologique que dans l'octroi de marges de manœuvre supplémentaires pour que les pays du Sud puissent utiliser le charbon.
Le coût stable et bas (peu sensible aux évolutions des marchés monétaires) du kWh qu'il produit favorise la compétitivité économique, l'emploi qualifié et le droit à l'énergie. Ses réserves et l'utilisation de toutes ses potentialités (les réacteurs à neutrons rapides) renvoient les problèmes d'épuisement à plusieurs siècles, le temps de la relève avec la fusion, le photovoltaïque et les piles à combustibles. Les réacteurs à eau dominent aujourd'hui l'exploitation de l'énergie nucléaire dans le monde. Mais plusieurs types de réacteurs, dits de "quatrième génération", représentent l'avenir.

Le bilan français en matière de sûreté et de protection de l'environnement des quelques quarante années d'activité nucléaire est positif. Mais, il ne doit pas masquer les risques importants qui caractérisent cette forme d'énergie.
Comme toutes les technologies modernes, le nucléaire demande que les compétences individuelles et collectives des acteurs de son développement et de son exploitation passent à un niveau supérieur. Les technologies demandent et donnent une place et un rôle aux salariés, à tous les niveaux, qualitativement nouveau au regard de leur sens des responsabilités. A travers de nouvelles formes d'organisation, cette place doit leur être reconnue. La vigilance et l'amélioration de la sécurité passent en priorité par des progrès dans ce domaine dit "des facteurs humains".

… et une indispensable maîtrise pour le long terme
Deux constats avérés à l'échelle internationale du retour d'expérience mondial de la déréglementation énergétique, montrent que les critères de la rentabilité capitaliste sont inadaptés pour réguler le développement énergétique de la planète en rapport avec l'évolution des besoins. Ils concernent les investissements sur le long terme et l'indispensable effort de recherche.

Une mise en cause des investissements pour le long terme
Les exemples de privatisation de l’électricité dans le monde coïncident avec les pannes, les dysfonctionnements disproportionnés, voire les scandales financiers constatés aux Etats-Unis, en Finlande, Grande-Bretagne, Danemark, Suède et Italie. Ils montrent que l’introduction des intérêts privés dans la production et la distribution de l’électricité installe des obstacles structurels au développement des investissements sur le long terme.
En fait, ces événements montrent que les producteurs privés d'électricité organisent la pénurie pour faire en sorte que la concurrence ne pénalise pas la montée des prix. Aujourd'hui en France, la déréglementation de l'électricité est préoccupante. Le producteur EDF appliquant aujourd'hui la déréglementation, optimise sa marge en fermant les centrales les moins rentables. A terme, la pénurie entraînera l'augmentation des prix du kWh. Ainsi, la SNCF a vu sa facture électrique augmenter de 35 % en 2004. Les augmentations des prix de l'énergie entraîneront une augmentation du coût de la vie pour tous les Français.

La politique énergétique européenne
L'Europe énergétique est fragile à plus d'un titre. Une indépendance énergétique appelée à se détériorer, une compétitivité concurrentielle incapable de mettre en œuvre le droit à l'énergie, une "re-carbonisation" mettant en cause des engagements de Kyoto et une absence totale d'intégration dans la réalité énergétique mondiale, telles sont les caractéristiques de l'Europe qui est proposée aux Français dans le domaine énergétique.


DE TOUS LES PARTIS POLITIQUES, LE PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS EST PROBABLEMENT CELUI QUI A ANALYSE AVEC LE PLUS DE PERTINENCE LA SITUATION ENERGETIQUE ET PROPOSE LES SOLUTIONS LES PLUS INTERESSANTES


documents utilisés : dictionnaire économique et social (éditions sociales), dictionnaire d'économie (Hatier), Larousse...

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