dictionnaire économique
Définitions des principaux termes employés en économie

TAUX : Rapport, proportion, pourcentage qui exprime en économie un niveau, un degré, un état (prix, intérêt).
Il exprime un rythme, une vitesse, donc traduit un procès, un mode d’évolution, de transformation. Il n’a de sens que par rapport à une base et ne dispense pas de la connaissance des valeurs absolues.

TAUX BONIFIE : ce taux d'intérêt est généralement inférieur à ceux pratiqués sur le marché. Il est consenti pour un prêt concernant une opération ayant un impact social ou économique important.

TAUX D’EPARGNE : Rapport entre l’épargne et le revenu disponible. L’évolution du taux d’épargne traduit l’arbitrage des ménages entre consommation et épargne.
Pour les sociétés il s’agit de la part de la valeur ajoutée qui est épargnée au sein de l’entreprise afin de financer une partie des dépenses d’investissement.
Taux d’épargne des sociétés = épargne brute/valeur ajoutée.
Epargne brute=autofinancement=amortissement+bénéfices non distribués.

TAUX DIRECTEUR : C'est l'instrument des Banques centrales. Les Banques centrales, comme la Réserve fédérale américaine (Fed) ou la Banque centrale européenne (BCE), dirigent la politique monétaire. Le taux d'intérêt que les Banques centrales fixent permet d'orienter les taux d'intérêt des banques ordinaires lorsque celles-ci prêtent aux entreprises ou aux particuliers. Et ce, parce que les banques empruntent elles-mêmes de l'argent à la Banque centrale. Pour ce, quand les taux d'intérêt sont bas, il devient moins cher d'emprunter pour investir, ce qui favorise normalement la croissance. Les Banques centrales choisissent d'augmenter leur taux quand il existe un risque d'inflation, favorisant un ralentissement de l'activité.

TAUX DE MARGE : Dans le domaine de l’économie, les marges ou la marge sont très loin d’être un espace blanc.
Très souvent confondue avec le profit ou le bénéfice, la marge en comptabilité est l’écart entre le prix de vente et le coût de production. Dans la mesure où son taux est le rapport entre l’excédent brut d’exploitation (EBE) et la valeur ajoutée, il permet de mesurer la part de la valeur ajouté qui n’est pas utilisée pour rémunérer le travail des salariés et payer les impôts sur les sociétés.
Durant l’année 2010, le taux de marge des sociétés non financières s’établissait à 30,2 %.

TAUX DE PROFIT : Rapport exprimé en pourcentage entre la plus-value et l'ensemble du capital avancé. La rentabilité d'une entreprise capitaliste est fonction du taux de profit obtenu.

TITRISATION : activité qui consiste à transformer les créances d'une dette en titres négociables sur le marché des produits dérivés. En cédant ses créances, la banque se sépare d'une partie du risque de l'emprunt.
C'est le mécanisme qui permet de transformer un prêt en actif négociable sur le marché. Un crédit subprime étant très risqué pour l'organisme qui l'accorde, mais très rentable en grande quantité, les crédits sont découpés et regroupés par la technique de titrisation en produits financiers rachetés par un tiers (qui peut être une banque, un fonds d'investissement, etc.). Très rentables tant que les prix de l'immobilier grimpaient, ces produits titrisés ont constitué autant de créances douteuses pour les fonds d'investissement et les banques. D'où les faillites en série.

TRADER : employé qui anticipe les fluctuations permanentes des cours des valeurs pour faire des profits. Il décide en temps réel de l'achat ou de la vente d'actions, de devises, d'obligations ou d'options.

TRADING HAUTE FREQUENCE (HFT) : Ces machines qui rendent folles la Bourse. Plus de la moitié des transactions financières dans le monde sont automatisées, faites par des machines aptes à lancer plusieurs milliers d’opérations par seconde. Plus que les traders, ce sont des intelligences artificielles qui spéculent aujourd’hui.
Ces robots sont derrière 70% des transactions du marché américain, 50% du boursier et déjà plus de 40 % du marché européen. Ils sont capables d’apprendre, de réagir à la nanoseconde près pour acheter ou vendre et même de ruser pour tromper les machines des concurrents. De telles intelligences artificielles représentent un investissement énorme et seuls les grands groupes en tirent profit, ce que l’on appelle également le trading haute fréquence (HFT). La vitesse est la clé de cette absurdité galopante. Les grandes banques tentent de louer des bâtiments au plus près des plateformes boursières pour y placer leurs machines et bénéficier du plus faible temps de latence possible.
Car ces intelligences artificielles rusent et s’attaquent entre elles. Entre 90 et 99% des transactions qu’elles effectuent sont ainsi annulées dans la microseconde suivante. Le but : ralentir les machines de la concurrence qui analysent tout ce qui se passe avant de passer leurs propres actions. Concrètement, cela peut donner de belles absurdités, comme ce que l’on a appelé le « flash crach » de Wall Street qui a plongé de manière vertigineuse à 14h42 le 6 mai 2010.
Selon Nanex (1), une machine plus puissante que les autres a passé plus de 2000 ordres de vente ou d’achat en moins de 100 millisecondes, les annulant encore plus vite, mais créant un mouvement chez les autres réseaux de neurones (27000 opérations dans les 14 secondes qui ont suivi) provoquant un mini-crash boursier. Tout cela sans aucune raison, juste pour « piéger » la concurrence automatique, la faire temporairement saturer et avoir de l’avance pour la suite. On peut comparer cela à une forme de spam massif pour saturer une boite mail, ou d’attaque en déni de service, deux choses illégales par ailleurs.

L’intelligence artificielle derrière tout cela
Les ingénieurs qui ont pensé ces machines l’ont fait en grande partie sur le modèle de l’intelligence humaine, s’inspirant de théories de l’évolution : il y a les réseaux de neurones et les algorithmes génétiques. Ces intelligences artificielles intègrent en premier lieu une vaste base de données, qu’elles sont capables d’actualiser en quasi-temps réel.
Elles connaissent ainsi les taux de chômage de chaque pays, l’évolution des prix des obligations, l’inflation, les cours de chaque plateforme boursière, mais aussi PIB des pays, le poids des dettes, les taux d’emprunts…
De là arrive le stimulus. Par exemple : acheter ou vendre telle action ou matière première. Ce qui crée une réaction. Selon cette réaction (gagner ou perdre X argent) et l’évolution du contexte (inflation, chute d’un cours…) qu’elle observe, l’intelligence artificielle pondère son stimulus. Ainsi, elle apprend réellement. Au début, le processus est assez long et réclame beaucoup de ressources, mais une fois qu’il a appris, ajusté ses paramètres, le robot peut se lancer dans plusieurs milliers d’opérations à la seconde.

La lutte des classes à la Bourse
Ce qui est étonnant avec le trading haute fréquence, c’est qu’à part les grandes institutions spéculatives qui ont les moyens d’investir dans la technique et dans les salaires des programmeurs d’algorithmes, tout le monde est contre. Sans pour autant que personne ne se risque à faire quoi que ce soit de peur de faire s’effondrer le système. Car on peut considérer le HFT comme de la concurrence déloyale : à ce jeu, les petits porteurs perdent forcément.
Autrement dit, gagner à la bourse coûte de plus en plus cher. Il ya a aujourd’hui plus de 10 fois plus de cotations (estimation de la valeur d’une action) avant transaction qu’il y a 4 ans. Et lorsqu’une machine fait 10000 cotations à la seconde, l’humain est perdant.
Les marchés deviennent de plus en plus fous, surréalistes et inhumains, mais rapportent aussi de moins en moins d’argent, à de moins en moins de personnes. Et si les ordinateurs étaient en train de tuer la finance ? C’est en tout cas la thèse de Paul Jorion, qui disait dans un article récent : « À la Bourse de New York, ces jours-ci, la loi de la baisse tendancielle du taux de profit dont parlait Karl Marx est en pleine forme. Faut-il fermer les Bourses ? Pas la peine de se gratter la tête : les ordinateurs sont en train de régler le problème, et à toute allure ! »
(1) Nanex est une société américaine forte utile pour étudier le fonctionnement des marchés, puisqu’elle a développé un programme permettant d’analyser jusqu’à 8 milliards d’opérations boursières par jour. Leurs études permettent de se rendre compte de l’influence des machines dans le jeu financier.

Il y a deux types d’intelligences artificielles qu’on retrouve dans les salles de marché. Les algorithmes génétiques et les réseaux de neurones. Ces derniers sont les plus simples à comprendre mais aussi les plus directement brutaux. Leur but est de trouver les meilleures solutions pour survivre puis gagner de l’argent. Ils réclament régulièrement l’intervention d’analystes, principalement pour ajuster leurs fonctions prédictives.
Les algorithmes génétiques sont plus complexes, autonomes et évolués. Comme chez Darwin, ces intelligences lancent des actions (stimuli) plus ou moins au hasard, permettant de faire évoluer en temps réel leurs paramètres. Ceux produisant de bons résultats survivent et se reproduisent et mutent lorsque nécessaire. Les autres disparaissent.

Article publié dans le journal l'Humanité du 22/11/2011

T.V.A. (Taxe sur la Valeur Ajoutée) : Inventée en France en 1954 elle est étendue à l’ensemble de la consommation en 1968 puis introduite progressivement dans tous les états membres de la Communauté Européenne. La TVA est la première recette budgétaire de l’état et le second prélèvement obligatoire après les cotisations sociales.

La TVA est un impôt maintenant très largement répandu dans le monde, 118 états l’ont adopté avec des taux très variables allant de 3% à Singapour à 25% en Suède, Islande Danemark, Hongrie).
Dans l’Europe communautaire, si les états membres disposent de larges marges de manœuvre en matière de TVA (passage du taux normal de 18,6 à 20,6 puis 19,6), certains aménagements comme le passage du taux normal au taux réduit doivent désormais obtenir l’aval des instances communautaires, harmonie fiscale européenne oblige.

Principe : La T.V.A. est une taxe à la consommation, payée par le consommateur final. Elle est collectée et reversée à l’état par les entreprises.

La consommation offre certains avantages en tant qu’assiette fiscale : les taxes à la consommation permettent un rendement très élevé l’assiette de la consommation est relativement stable ce qui permet au budget de l’état d’anticiper les recettes taxer la consommation ne modifie pas les arbitrages des agents économiques entre épargne et consommation alors que la taxation des revenus tend à défavoriser l’épargne.
Notons enfin que le recouvrement par les entreprises permet un coût de fonctionnement de cet impôt des plus réduit pour les services du ministère des finances.

Les avantages indéniables de cet impôt pour le budget de l’état ne doivent pas faire oublier son caractère particulièrement injuste car la TVA frappe indistinctement tous les consommateurs quels que soient leurs revenus.
Cet impôt a aussi des effets pervers notamment sur le travail clandestin. On estime qu’au delà de 15%, le consommateur peut être tenté de faire appel au travail clandestin afin d’alléger sa facture. On observe cette tendance dans la réparation automobile (avec très souvent la complicité des entreprises du secteur).
A l’inverse, lorsque le taux de TVA est passé de 19,6% à 5,5% dans le bâtiment, les carnets de commandes des entreprises de ce secteur ont flambé, l’emploi (et les charges sociales allant avec) a progressé, la santé des entreprises du secteur (donc l’impôt suer les sociétés) s’est amélioré, tout ceci annulant ainsi la baisse des recettes fiscales induite par le passage au taux réduit.


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