dictionnaire économique
Définitions des principaux termes employés en économie
SUBPRIME : Subprime : terme qui désigne les prêts accordés aux ménages à faible revenus et qui présentent des risques de non-remboursement plus élevés que la moyenne.
Se sont ces crédits immobiliers à taux variable qu’accordaient, aux Etats-Unis, les organismes et les banques aux ménages peu solvables. Après les attentats du 11 septembre, le gouvernement américain avait pour priorité de relancer l’économie du pays. Des facilités ont donc été mises en place pour permettre aux plus modestes d’emprunter de grosses sommes. Mais dès 2006, l’immobilier s’est effondré et les ménages se sont retrouvé à devoir rembourser de plus en plus cher leur bien dont la valeur d’effondrait.

Vous avez dit " subprime " ?

À l'origine de la crise les prêts immobiliers à risque aux États-Unis. Mode d'emploi d'une pratique qui a encouragé une spéculation effrénée.
Subprime, le mot désigne aux États-Unis, la catégorie de consommateurs les moins favorisés, de qualité inférieure en quelque sorte, par comparaison avec les " primes ", de première qualité, supposées être en meilleure position pour obtenir un crédit immobilier.
Pour acheter une maison, ou plus rarement un appartement, avec les offres de subprime il n'était pas nécessaire de justifier de ses revenus ou d'avancer les 20 % normalement prévus, la maison servait de gage en cas de défaillance des propriétaires. Les prêts étaient accordés sur trente ans avec des taux d'intérêt peu élevés pendant deux ans.

Devenus progressifs pour les vingt-huit années suivantes ils pouvaient être multipliés par cinq. Un fardeau que ne compensaient pas les exonérations d'impôts pour ceux qui en payaient peu ou pas. Les détaxations bénéficiaient aux plus aisés.
Derrière la vertueuse " société de propriétaires " de George Bush se dissimule ainsi une vaste opération de récupération d'un marché par les multiples courtiers qui proposaient des subprimes. Ces crédits à risque ont favorisé au début des années 2000 une bulle financière permettant des profits aux assurances et aux banques qui les rachetaient aux fonds de spéculation sous formes de paquets d'obligations très rentables. L'ascension des prix de l'immobilier a encouragé la spéculation courante dans ce domaine par la revente et la renégociation des créances à risque. En 2006, deux tiers des ménages étaient propriétaires.

Le mécanisme de l'escroquerie a fonctionné jusqu'à l'apparition des premières mises en faillite des emprunteurs. En 2004, les faillites personnelles (du " chapitre 13 ", qui évite provisoirement la saisie) avaient plus que doublé depuis 1990. Les salaires ne suivaient pas la montée vertigineuse des taux. Les maisons à vendre ne trouvaient plus d'acheteurs, ce qui tarissait les moyens de grignoter un peu d'argent pour le consacrer à la consommation courante ou au remboursement d'autres crédits.
La cascade des faillites a asséché les fonds des sociétés qui avaient prospéré sur la vente des subprimes et bientôt des primes, touchés par une augmentation salée des taux. La bulle immobilière s'est dégonflée de plus en plus vite.

Lire également : Vers la crise du capitalisme américain ?, de Paul Jorion, anthropologue, économiste, spécialiste du crédit, enseignant en Californie depuis plus de dix ans. Éditions La Découverte, 20 euros.

Jacques Coubard


Ce crédit hypothécaire permettait à un ménage en difficulté de revendre son bien pour rembourser ses dettes. Dans le cas américain, le taux d'intérêt était bas les deux premières années, puis s'ajustait aux prix du marché les années suivantes. La conjonction de deux facteurs (la hausse des taux d'intérêt par la Réserve fédérale américaine (Fed) de 1 à 5% entre 2003 et 2006 et la baisse des prix de l'immobilier) a rendu impossible le remboursement pour des millions de foyers. En 2007, on a compté outre- Atlantique deux millions de saisies immobilières.



POINT DE VUE
Quand les prix baissent, que les taux montent et que les crédits sont à taux variables, les populations les plus fragiles ne peuvent plus assumer la charge de leur dette. Elles font défaut, leur bien est vendu, accélérant encore la baisse des prix immobiliers.
Mais la crise des "subprimes" vient en fait d'une politique de monétisation des actifs par titrisation des crédits immobiliers. Le mécanisme est le suivant : les banques cèdent à des investisseurs spécialisés des paquets de crédits. Ces investisseurs émettent des obligations et ces obligations sont ensuite vendues à différents investisseurs et c'est ainsi qu'un mauvais risque immobilier peut se retrouver dans une sicav de trésorerie.

Elie Cohen est directeur de recherche au CNRS et membre du Conseil d'analyse économique (CAE) auprès du premier ministre. Il a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels Le Nouvel Age du capitalisme : bulles, krachs et rebonds, chez Fayard.
La baisse des prix du marché de l'immobilier et le non-remboursement par les particuliers de leurs prêts immobiliers ont provoqué la crise du marché immobilier américain. Cette crise a entraîné une revalorisation à la baisse d'un certain nombre de produits financiers qui comprenaient des "subprimes", c'est-à-dire des prêts assez risqués accordés à des particuliers.

Augustin Landier est spécialiste de la finance, maître de conférence à la New York University, et coauteur du Grand Méchant Marché, chez Flammarion.


documents utilisés : dictionnaire économique et social (éditions sociales), dictionnaire d'économie (Hatier), Larousse...

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