dictionnaire économique
Définitions des principaux termes employés en économie

PARADIS FISCAUX : On désigne par ce terme des états ou des territoires chez lesquels le bas niveau des prélèvements fiscaux est particulièrement attractif. Le faible montant de l’impôt s’accompagne souvent d’une réglementation moins contraignante voire laxiste.
S’il n’existe pas de profil type de ce type d’états ou de territoire, les paradis fiscaux répondent cependant à un certain nombre de critères.
Pays ayant une très petite superficie (Vatican, Monaco, Liechtenstein, Iles Caïman). C’est une des caractéristiques essentielles. La faible surface territoriale affranchit l’état de ses obligations notamment en terme de service public. Par contre, le statut d’état offre la liberté de réglementer (ou de déréglementer) à sa guise sur le territoire.
Pays stable politiquement. Caractérisés par une absence ou quasi absence de démocratie Le nombre réduit d’habitants, le caractère folklorique de la représentation nationale (Monaco, Vatican) ainsi que l’attachement de la population à cette représentation nationale font que les changements politiques majeurs n’y sont guère à craindre.
Pays dépendant d’un grand pays. Présentée comme un handicap, cette dépendance permet de se décharger sur le « grand frère » des contraintes inhérentes à tout état (défense, monnaie, etc.). Même Hong Kong du temps de la tutelle britannique dépendait pour son plus grand profit à la fois de la Grande Bretagne pour tout ce qui ressort des structures de l’état et de la Chine concernant l’économie.
Un des reproches faits aux paradis fiscaux tient d’abord à la fuite des capitaux des pays d’où ils sont issus et à la déstabilisation qui peut s’en suivre. Ainsi Parmalat, groupe italien n'a pas été en mesure de liquider un investissement de 500 millions dans le fonds Epicurum, basé dans le paradis fiscal des îles Caïmans.
La Consob, chargée de surveiller les marchés financiers italiens, a constaté que la comptabilité du groupe était fausse avec une somme de 3,95 milliards d'euros " disparu " de sa trésorerie. Parmalat, jusqu'alors, déclarait posséder la somme à travers une filiale du groupe, la Bonlat Financing Corporation, elle aussi basée aux îles Caïmans, sur un compte à la Bank of America.
L’autre reproche, plus grave et malheureusement fondé tient au rôle de recyclage de l’argent sale joué par ces places financières (le Vatican, en partie grâce à la proximité des mafias italiennes, n’y échappe pas non plus). Bien que nombre de ces états à l’exemple de la Suisse ont adopté une charte de bonne conduite, dans la pratique, les établissements financiers font peu de zèle pour vérifier l’origine des capitaux.
On trouve les paradis fiscaux et autres zones franches partout dans le monde mais toujours, malgré Internet, à proximité des pays industrialisés. L’Afrique en est quasiment exempte si l’on excepte les bantoustans Sud Africains créés justement pour remplir ce rôle du temps de l’apartheid.
Mis à part la traditionnelle Hong - Kong, l’Asie et notamment l’Asie Centrale voit se développer des pays (ex soviétiques) qui aimeraient eux aussi détenir une part de ce marché. Certains micro - états d’Océanie, (Marshall) bien situés entre l’Asie et les Amériques jouent un rôle mondial non négligeable. Il en est de même aux Antilles (l’intervention américaine contre Grenade n’avait pas d’autres motifs) où même la France offre une partie de ses territoires (Ile franco-néerlandaise de St Barthélémy) à la finance offshore.
Reste enfin l’Europe où dans certains pays, le recyclage de l’argent est devenu une activité traditionnelle. (Monaco, Iles Anglo-Normandes, Malte, Vatican, San Marino, Liechtenstein, Iles Féroé mais aussi même si c’est dans une moindre mesure Andorre, la Suisse et enfin même au sein de l’Europe communautaire avec le Luxembourg).


documents utilisés : dictionnaire économique et social (éditions sociales), dictionnaire d'économie (Hatier), Larousse...