dictionnaire économique
Définitions des principaux termes employés en économie

CAC 40 : Cotation Assistée en Continu. Les 40 plus grosses capitalisations boursières Françaises cotées à la bourse de Paris. C'est un indice composé des quarante valeurs les plus actives du marché français des actions. Il est calculé en continu tous les jours. De plus, il est régulièrement ajusté, certaines entreprises y entrent et d'autres en sont retirées.
Mi-juillet 2007, l'indice représentait environ 70 % de la capitalisation totale de la Place de Paris, soit 1 300 milliards d'euros. Au début 2008, la capitalisation est d'un peu moins de 1 000 milliards d'euros.
En 2007, les bénéfices réalisés par les entreprises du CAC 40 s'établissaient à 99,1 milliards d'euros, dont 12,2 milliards d'euros pour Total, première société de l'indice1.


À qui appartient le CAC 40 ?

Depuis dix ans, la structure du capital des grandes entreprises françaises s'est radicalement modifiée, allant de pair avec la financiarisation de l'économie.
Depuis une bonne dizaine d'années, le nombre d'actionnaires individuels s'effondre, l'actionnariat s'internationalise et, progressivement, un changement radical dans la structure du capital des entreprises du CAC 40 s'opère.
Il laisse place à un actionnariat plus dispersé au centre duquel les investisseurs institutionnels qui regroupent grosso modo les fonds de pension ou autres produits d'épargne anglo-saxons et les fonds d'investissement obtiennent la première place et deviennent de fait les nouveaux acteurs.

Ainsi en 2007, le CAC 40 appartenait pour 47,6 % à des fonds d'investissement, pour 22,9 % à des investisseurs institutionnels, pour 26,3 % à des actionnaires stratégiques, pour 3,2 % à des actionnaires individuels.
Les grandes familles, qui font couler beaucoup d'encre, ne possédaient en 2005 que 4,4 % du CAC 40 et deviennent globalement des actionnaires relativement minoritaires. À l'exception des Martin et Olivier Bouygues, la famille Halley dans le groupe Carrefour ou Liliane Bettencourt chez L'Oréal…

Dans une étude publiée en 2003, François Morin, professeur d'économie et de finances à l'université de Toulouse-I, démontre que la montée en puissance des fonds de pension dans le capital des entreprises du CAC 40 coïncide avec l'arrivée d'un nouveau mode de gestion selon lequel le concept de la création de valeur pour l'actionnaire devient l'objectif numéro un. Concrètement, les actionnaires s'assurent que les entreprises dans lesquelles ils investissent, créent de la valeur, c'est-à-dire que la rentabilité de leur projet soit supérieure au coût des capitaux engagés.
Il ne s'agit plus seulement de réaliser un profit positif mais de parvenir à un taux suffisamment rémunérateur pour les actionnaires. Ainsi une activité supposée générer de 6 % à 7 % de retour de capitaux sur investissement sera abandonnée au profit de celle qui en générera 15 %. Et lorsque l'entreprise ne crée pas suffisamment de valeur, alors elle doit procéder à des restructurations. Ainsi peut-on dire que, dans ce système, le risque est transféré des actionnaires vers les salariés.

Ainsi, sous l'emprise des investisseurs institutionnels, " les grands groupes français ont dû faire face à un véritable bouleversement qui a modifié la nature du capitalisme français ", analyse l'économiste François Morin.
La loi d'airain de ce capitalisme financiarisé s'applique même en temps de crise : alors que les groupes accusent une baisse de leurs profits, ils continuent d'accorder la priorité à leurs actionnaires en maintenant leur niveau de dividendes. Hormis Renault, les grands du CAC 40 ont encore versé plus de 55 milliards de dividendes au titre de l'exercice 2008.

Clotilde Mathieu, L'Humanité




documents utilisés : dictionnaire économique et social (éditions sociales), dictionnaire d'économie (Hatier), Larousse...


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