Comme certaines légendes populaires, il n’est pas vain, parfois, de « déconstruire » certaines légendes « officielles ».

Depuis cent ans, lorsqu’on évoque l’épouvantable drame du 10 mars 1906, il est communément admis de dire ou d’écrire : « La catastrophe de Courrières. »
Or une simple carte sous les yeux nous permet d’éclaircir une imprécision qui aura eu la vie dure : les mines dites de Courrières ne se situaient pas à Courrières, qui n’abritait « que » le siège social des patrons de la célèbre mine du Pas-de-Calais.

Objet de bien des disputes légitimes, ce n’est pas à Courrières que la terre a tremblé en ce jour maudit, mais bien à Méricourt (404 morts), à Sallaumines (304 morts), à Billy-Montigny (114 morts), trois villages auxquels il faut ajouter Noyelles-sous-Lens (102 morts).

Dans un hors-série admirable édité par sa municipalité , le maire de Méricourt, Bernard Baude, l’affirme d’ailleurs avec émotion : « Il faut du courage pour ne pas oublier.
Et, parfois, il nous a fallu un sursaut d’énergie pour ne pas abandonner sur notre chemin les souvenirs multiples du passé. Les propriétaires des concessions minières capitalistes du XXe siècle naissant possédaient les matières premières et l’outil de production. Ils se voulaient aussi propriétaires des travailleurs et de leurs familles. Écrivons donc cette tragédie comme il se doit : la catastrophe du 10 mars 1906. »

En ce début de XXIe siècle naissant, vouloir rappeler - et imposer s’il le faut - cette vérité à tous n’est que justice. Rendue à l’histoire. La vraie.

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