cinéma actu
CINE ACTUALITE

LA REALITE DEPASSE LA FICTION

LE JOUR D'APRÈS (THE DAY AFTER TOMORROW)
De ROLAND EMMERICH avec DENNIS QUAID, JAKE GYLLENHAAL, SELA WARD, IAN HOLM

Un changement climatique imprévu et violent à l'échelle mondiale entraîne à travers toute la planète de gigantesques ravages, annonçant la venue d'un nouvel Age de Glace. Le climatologue Jack Hall tente de convaincre le président d'évacuer le pays, avant de se rendre à New York, par -20°, pour essayer de sauver son fils...
Jack Hall est un climatologue écolo, prônant une responsabilisation des pouvoirs publics pour limiter les émissions de gaz à effets de serre.
Selon lui, la fonte des glaces pourrait engendrer un dérèglement climatique risquant de ramener la Terre à l’ère glaciaire. Lors d’une conférence à New Delhi, peu de gouvernements donnent de crédit à ses théories… jusqu’à ce que le climat devienne fou, un peu partout dans le monde. Lorsqu’une tempête sans précédent se met à dévaster les Etats-Unis, il est déjà trop tard.
Mais Jack fait tout son possible pour aider son gouvernement à comprendre la situation et à sauver le maximum de vies, y compris celle de son fils, prisonnier de la tempête sévissant à New York.

Le site web du film : Le jour d'après.

Le site web sur l'environnement de demain : OIKOS.
Jean-Marc Jancovici, expert français sur le changement climatique, répond à quatre questions sur le thème de la vulgarisation autour du changement climatique.

Le changement climatique, est-ce bien une réalité, ou seulement du cinéma ?
C'est une réalité, et cela le sera d'autant plus que le temps passera. Il faut faire très attention à ne pas être faussement rassurés par ce que nous avons observé au 20ème siècle, qui de fait, ne nous a pas beaucoup ennuyé. Si nous continuons à émettre de plus en plus de gaz à effet de serre, ce qui pourrait se passer au 21ème siècle sera d'un tout autre ordre de grandeur, et il sera impossible de contrecarrer une éventuelle évolution catastrophique lorsqu'elle aura démarré.
Rappelons que la température moyenne de la terre est aujourd'hui de 15 °C. Lorsqu'elle était de 10°C, soit seulement 5° C de moins que maintenant, le sol de France était gelé en permanence, l'Allemagne était couverte de 3 km de glace, et la mer plus basse de 120 mètres.

Il est impossible de dire avec précision à quoi ressemblerait une terre dont la température moyenne serait montée de 3°C ou 4°C par rapport à aujourd'hui, mais cela ne ressemblera pas du tout à ce que nous voyons aujourd'hui par la fenêtre, et la transition, inédite, et beaucoup plus rapide et brutale que tout ce que notre espèce a jamais connu, pourrait causer une mortalité massive. Enfin il est impératif de se rappeler que c'est pour une large part le comportement des hommes dans les décennies qui viennent, qui va déterminer si la température moyenne montera de 1°C ou de 5°C d'ici 2100. Nous ne pouvons déjà plus échapper aux conséquences futures de nos émissions passées (il y en aura), mais nous pouvons encore choisir de baisser le plus vite possible les émissions futures. Au sens premier, l'avenir est pour une large part entre nos mains.

C'est dur à comprendre : on nous parle de réchauffement de la planète et dans le film New York se retrouve sous la glace !
Il est possible, bien que cela semble paradoxal, que se produise à l'avenir un refroidissement rapide sur l'ensemble de l'Atlantique Nord, dans un monde qui pourtant se réchauffera globalement. Par rapide, il faut comprendre "en quelques décennies", et non, comme c'est le cas dans le film, en une semaine.
Un tel refroidissement rapide de l'ensemble de l'Atlantique Nord pourrait survenir si le Gulf Stream s'arrêtait à l'avenir, comme il l'a déjà fait à plusieurs reprises au cours des 100.000 dernières années.

Est-ce que le changement climatique peut déboucher sur des évènements aussi brutaux que dans le film ?
Notre changement climatique ne peut en aucun cas avoir les conséquences décrites dans le film, où le scénariste a plus fait appel à son imagination qu'aux données scientifiques, mais c'est évidemment son droit !…
Si l'arrêt du Gulf Stream, d'ici plusieurs décennies à plusieurs siècles, est possible, le fait qu'il se produise en une semaine, comme dans le film, est rigoureusement impossible. Entre le début et la fin d'un tel processus, il se passerait au moins quelques dizaines d'années.
Ensuite un tel arrêt ne peut en aucun cas provoquer une glaciation en Europe et aux Etats Unis, comme cela se passe dans le film. Ce qui est en jeu pour l'avenir, c'est une baisse éventuelle de 4 à 5 degrés de la température moyenne de l'Atlantique Nord (ce que l'arrêt du Gulf Stream a eu comme conséquence dans le passé) ; ce n'est pas tout à fait une glaciation, qui, en Europe, demanderait une chute de 10 °C de la moyenne annuelle.

Qu'est ce qui est le plus vraisemblable dans le film ?
Si les catastrophes décrites dans le film ne sont donc pas vraisemblables (mais encore une fois c'est normal : c'est un film, pas un documentaire), il y a par contre dans le jeu d'acteurs, une chose qui est très représentative de ce qui se passe dans le monde réel.
La difficulté que le monde scientifique rencontre pour faire comprendre à ses interlocuteurs (politiques, journalistes, "décideurs" économiques, et plus généralement chacun d'entre nous, car nous votons) que le monde de demain pourrait être très différent de ce que nous avons toujours connu, et le "refus" assez spontané de la part de ces différents publics d'accepter cette hypothèse, correspondent assez bien à ce que je peux constater, même si les véritables dangers à redouter n'ont rien à voir avec ce qui se passe dans le film (mais ne sont pas nécessairement moins ennuyeux).



Cinéma-Accueil-Plan

[menu précédent]




NOMBRE DE VISITEURS ACTUELLEMENT
EN VISITE CE JOUR SUR E-MOSAIQUE